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Mai 142006
 

Comment aborder un tel film ? Coup de génie pour les uns, foirage complet pour les autres, une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent. Perso, j’ai adoré, il figure même parmi mes films d’animation cultes. Néanmoins, on ne peut pas dire que le film soit très facilement envisageable…

Un état de la recherche

Première chose qui saute aux yeux quand on regarde le film : le point qu’a fait Oshii sur l’état de la création sur le thème du cyborg, du robot, ou, si vous préférez de l’androïde et même plutôt de l’andréide. Il est loin de se lancer naïvement comme ses prédécesseurs japonais en pensant « ça sera nouveau puisque c’est moi qui le fais » ; au contraire, ici, la citation est permanente, que ce soit à Villiers de l’Isle-Adam, par l’épigraphe, mais aussi par le nom de l’andréide défectueuse « Hadaly », directement empruntés à l’Eve future, mais aussi, par un jeu constant de rappel d’Hoffmann, des Lumières qui ont abordé le sujet… ce qui fait que le film peut apparître comme relativement hermétique, voire limite ésotérique… Si ce film n’exige pas une culture -voire une certaine érudition- littéraire solide, il vaut mieux avoir au moins lu L’Eve future pour bien saisir certains aspects du films, notamment l’aspect SteamPunk (genre qui mèle technologie et XIXe siècle, dont les représentants les plus illustres sont Nadia et le secret de l’eau bleue et SteamBOy- même si ce dernier est loin d’être au top) et ne pas se laisser dérouter par l’aspect constamment citationnel (euh… ça existe?) du film ; par là, Oshii nous rappelle aussi que Jules Verne n’a pas été le seul auteur de science fiction au XIXe siècle.

Qu’on se le dise : depuis Jin-Roh, Oshii fait des films littéraires (et du coup, c’est bibi qui est contente !!!) donc si guetter les petits détails et les références qui font sens, ça vous emmerde, passez votre chemin…. Wink

Une esthétique…. décadente.

Autre point du film qui peut dérouter : une esthétique particulièrement chargée, voire surchargée, qui rappelle un tantinet le mouvement décadent par son goût des « perles rares » accolées… Les décors sont saturés de détails et de lumières, si bien que parfois, on ne sait plus où donner des yeux, et l’observation de ces multiples joliesses occupe uen certaine part du film, qui offre une belle part à la Contemplation, à un sentiment esthétique assez fort. Ici, on regarde et l’on se satisfait de tous ces beaux éléments qui n’ont à priori rien à voir ensemble (un mélange de dcors futuristes à d’autres qui semblent venir du passé : des voitures comme on en voyait dans les années 30-40, des édifices qui rappellent les cathédrales gothiques…) toutes ces beautés diverses qui nous égarent quant à notre situation spacio-temporelle, on est nulle part et partout à la fois…. avec une arrière-sensation de collectionneur romantique et/ou décadent, qui amasse les objets de tous horizons pour les mettre dans une vitrine… et une observation étudiée d’esthète de toutes ces diversités qui (me) rappelle Huysmans.
Notons également que l’animation atteint des sommets jamais vus tellement elle est fluide, calquée sur le mouvement réel, autre caractéristique très marquante (et impressionnante) de GitS : Innocence.



Une réflexion.

Enfin, dernier aspect et pas des moindres chez Oshii : le film propose de multiples réflexions, ce qui peut laisser pas mal de spectateurs sur le carreau, car il faut être accroché pour ne rien rater et faire un choix, si on essaie de suivre toutes les pistes, on se retrouve plus ou moins largué (eh oui, on n’a pas le cerveau boosté de Togusa ou Batou….). La réflexion du premier opus fait presque office de balbutiement à côté de celui-ci. Si le premier posait le problème de l’humanité d’un être virtuel et/ ou mécanique, celui-ci pose entre autres la question « mais qu’est-ce que l’humanité déjà ? » et s’attèle à montrer les divers aspects sous lesquels on peut définir l’humain et les diverses perspectives qui s’offre : l’homme-machine (après la machine-homme), l’homme simulacre, phantasme (au sens platonicien ?) ? sont des leitmotiv qui rythment le film…

En bref, Gits Innocence est un film magnifique, et un film particulièrement riche, qui peut s’envisager sous de multiples points de vue : point de vue d’esthète, point de vue philosophique, point de vue littéraire, point de vue technique, et aussi point de vue artistique. Ce film est une oeuvre d’art qui vous demandera de nombreux visionnages -qui ne vous lasseront pas, je vous le garantis- pour en saisir toutes les subtilités ; si saisir toutes les subtilités de ce film est possible…

Je ferai des captures du film, parce que les images que j’ai mises ne rendent en aucun cas la beauté du film….

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