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Août 212008
 

Réalisation : Ari Folman
Sortie : 25 juin 2008

Un soir, en discutant avec un ami, qui a fait, comme lui, la guerre du Liban, Ari s’étonne de ne pas avoir de souvenir de cette fameuse guerre, ou plutôt de n’en garder qu’une vague hallucination, où il se voit dans la mer avec d’autres soldats, fixant des fusées éclairantes offrant au ciel une lueur macabre, une obscure clarté (qui tombe des étoiles…).

Il décide donc de partir à la recherche de cette mémoire qui lui fait défaut, d’autant qu’il est persuadé d’avoir assisté au massacre de Sabra et Chatila. Débute ainsi la quête d’Ari, qui va chercher ses anciens amis, les interroger, pour savoir la vérité, fût-elle douloureuse ou traumatisante.

Voilà pour l’histoire.

Ari Folman, réalisateur israélien, signe ici un document autobiographique. Il a vécu cette guerre et nous transmet son témoignage par le biais de l’animation. Mais pas une animation flamboyante comme Disney, une animation âpre, dure, qui colle au thème, avec des couleurs qui oscillent entre le terne et le criard. Le choix de l’animation est excellent : il n’était pas attendu, et donne à voir des choses, qui en film live, auraient été vraiment insoutenables, étant déjà difficilement supportables en dessins. Car Valse avec Bachir est un film dur, éprouvant, bien qu’étant à voir, qui offre une formidable dénonciation de la guerre, bien plus poignante que « la guerre c’est pas bien » habituellement asséné. On voit l’absurdité, le cynisme, la misère humaine, autant de choses que l’on n’aime pas voir, autant de choses qui n’apparaissent jamais dans tout film américain patriote qui se respecte. Il n’y a pas de Superman ici, que des Bardamu, beaucoup de Bardamu, à qui, à cheval sur nos principes moraux nous n’avons, forcément, guère envie de nous identifier. Et cette image nous renvoie une question dérangeante : à leur place, qu’aurions-nous fait ?

Certains, puisqu’il faut toujours comparer quelque chose à quelque chose, ont comparé Valse avec Bachir à Persépolis (les critiques allociné sont toujours une source inépuisable d’étonnement et de fascination face à tant de connerie). Les deux n’ont absolument rien à voir ensemble, si ce n’est la forme animée, mais, avec un peu de bon sens, comparer Jin-Roh à La petite sirène, c’est incongru, alors comparer Valse avec Bachir à Persépolis, ça l’est tout autant. Parce que le propos de Persepolis, c’est d’abattre la prétendue distance qui nous sépare de tel ou tel peuple, et accessoirement de raconter comment l’Iran est devenu ce qu’il est aujourd’hui, et non de dénoncer et de comprendre la part qu’on a eue dans un massacre, et comment un être humain normal peut devenir une machine à tuer, mais aussi, comment, de victime, on peut passer à bourreau aussi facilement (les souvenirs de la Shoah ne sont jamais loin), qui est le propos de Valse avec Bachir. Ceux qui s’attendent à voir un Persepolis remixé en regardant seront certainement déçus. D’une vous rigolerez beaucoup moins, l’ambiance dans Valse avec Bachir étant beaucoup plus lourde, de deux, vous vous identifierez certainement moins à Ari, le gars égaré dans cette guerre, qu’à la petite Marjane, et de trois, le film de Folman est nettement moins grand public que celui de Marjane Satrapi, pour ne pas dire pas du tout. Si l’idée que dessin animé rime avec enfance survivait, la Valse peut lui envoyer la dernière pelletée de terre sur le corps.

Valse avec Bachir, c’est la chronique de l’horreur ordinaire, de l’horreur de la guerre, qui ne touche que presque accidentellement ses principaux acteurs, les militaires, pour faire des ravages parmi les innocents, les enfants, les vieillards, les animaux, et un réglage des pendules à l’heure sur la sombre page des massacres de Sabra et Chatila.

Évidemment, faire le point sur des événements historiques encore saignants n’est pas du goût de tous, et le film, par son témoignage, si ce n’est complètement vrai, au moins permettant de se faire un aperçu de la vérité, peut déplaire aux plus partisans des deux pays visés, le Liban, qui n’a pas tout à fait sa conscience pour lui dans ces massacres, et Israël, en la personne d’Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, qui s’est montré au moins complice par son silence complaisant.

la bande annonce sur allociné

Un film à voir, même si ce n’est pas vraiment le genre de film qui détend….

edit : le site officiel : www.valseavecbachir-lefilm.com/ que j’ai failli oublier….

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