Nov 222011
 
réalisateur : Takashi Yamazaki
année de sortie dvd français : 2011
C’est cliché ? Non c’est Space Battleship !

Voilà quelque mois ou j’errais à la Fnac ou au Virgin (allez savoir ?) je tombe sur la pub tapageur de ce long-métrage plein de promesse : un star wars à la sauce japonaise. J’aurais pu trembler en repensant à Son Kukaï, mais les images de combats du trailers étaient si parfaites, le frustration de n’avoir, en dehors des Star Wars, aucun film du genre m’a fait penser le contraire. Et si j’avais su que le film était tiré d’une histoire du papa d’Albator, mâitre Matsumoto, j’aurais craqué sans réfléchir. Je n’ai donc pas acquis le film en temps et en heures, fort heureusement…

Il y a dans ce film des scènes plutôt bien foutues quand même…

En effet, ce film est une véritable douche-froide, une claque qui sens la nanardise à 1000 mètres ! D’emblé le scénario est loin d’égaler celui d’Albator et ne possède pas le charme de Guns Frontier. Il est vrai qu’en France, à part ces quelques séries et Galaxie express et Railways on ne connait pas grand chose de l’oeuvre de Leiji Matsumoto. Certain ont encore un vague souvenir de l’oiseau bleu qu’il avait charadessigné, mais ce ne sont là qu’une infime partie de son travail. Est-ce à dire que Space battle ship soit à la hauteur de l’oeuvre originale, il est difficle de le savoir à cause du manque de lissibilité de Matsumoto en France. C’est donc l’adaptation qu’on critiquera.

… L’effet LSD je pense. Ou l’Oréal ?

La première chose qui frappe le spectateur est le jeu d’acteur caricatural au possible. Tout est surjouer (la première scène où notre sympathique héros est blessé par un projectile renvoi, en soustrayant la gravité de l’action, à la bataille du sanctuaire dans Saint-Seya).  Les expressions sont emphatiques. Noter l’enthousiasme militaire après chaque répartie d’un supérieur, ce ton sec et bref est si systématique qu’il commence par vous faire rire mais fini, par sa répétitionpar vous agacer ! On nage dans le cliché manga mais ici en « live » comme disent les japonais, ça donne un effet des plus ridicules ! On lit sur le web qu’il s’agit là d’une façon propre au japonais de jouer. C’est vrai lorsqu’on est habitué aux série lives (et kitch) genre Kimi Wa pet et autre Sentaï, mais quand on lorgne du coté des grands cinéastes japonais, comme Takeshi Kitano, on ne peux qu’être indigné de ce genre de remarque. La prestation d’acteur, on l’aura compris correspond à celui d’une série japonaise et à celui du cinéma des séries B comme Jun-onRingu dont le seul jeu d’acteur a suffi à justifié une adaptation américaine.

Voilà un moment dramatique (je précise).

Pour rester sur les personnages, admirons les rôles qui leur sont attribués. Là encore, on est en plein dans le délire. Le pilotage du Yamato et la direction des équipages sont confiés à pique-nique-douille sans tenir compte de la hiérarchie militaire. L’héroïsme que l’on vous impose d’admirer, n’est que rébellion à cette hiérarchie qui vaudrait pour le peloton d’exécution en temps normal. On lorgne vers le Star Wars mais on se rit de la crédibilité la plus élémentaire. Noter aussi que les costumes n’ont pas plus de sens : la tenue de rigueur est celle d’une bande de motards ! Et l’on ne parle même pas des coiffures, coiffures qui par leurs fantaisies sont acceptables dans un manga, mais intolérable à l’écran.

Puisqu’on parle de Star Wars, il est inutile ici d’énumérer les plans parodiés à la saga de Lucas. Regardez ceux dans les cockpits où encore les scènes de tirs. Là où l’on attendait du nouveau, Takashi Yamazaki fait dans le déjà-vu, mais là où l’on espérait des références normatives, le réalisateur fait dans l’absurde.

N’ayez pas peur : voici les sauveurs de l’humanité !!!

Enfin on reste navré des références outrancières au régime Nazi que les japonais ne rougissent même pas à vanter. Ce qui était compréhensible en 1974 (date de la création du Manga) aurait dû être reconsidéré à l’aune du XXIe siècle. Que le vaisseau porte le nom du Yamato reste acceptable, puisque ce dernier fut créé à partir de l’épave du cuirassier japonais, mais cela aurait dû s’arrêter là. Les références aux ennemis du premier Yamato comme étant une menace, font froid dans le dos aujourd’hui, comme si les japonais n’avaient encore rien appris de l’Histoire. Enfin raccourcir l’humanité aux seuls japonais (comme le font les étasuniens d’ailleurs), rappelle ici les thèses les plus affreuses du nazisme. C’est donc une œuvre nationaliste qui effleure les pire relent nauséeux possible.
Je veux bien qu’on soit fan de Manga, de Space Opera et que Matsumoto ne soit pas n’importe qui, mais de-là à ce réjouir de l’adaptation qui en a été faite, il y a un gouffre ! Est-ce le fanboyisme qui fait perdre aux spectateur la clairvoyance la plus basique ? Long, verbeux et insolent, voilà ce qu’on pourra retenir de ce film. Lorsqu’on parle de sauver l’humanité d’une menace atypique, on s’attend à un propos plus ouvert.

Reste alors le film animé de 2009 Space Battleship Yamato Rebirth qui espérons-le, vaux mieux que cette adaptation largement oubliable.

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