Warning: Declaration of Suffusion_MM_Walker::start_el(&$output, $item, $depth, $args) should be compatible with Walker_Nav_Menu::start_el(&$output, $item, $depth = 0, $args = Array, $id = 0) in /home/kamiloka/kamipress.kamiloka.com/wp-content/themes/suffusion/library/suffusion-walkers.php on line 0
Jan 052012
 

Scénario : Emilio Ruis
Dessins : Anna Mirallès
Sortie : novembre 2011

Après le succès de la série Djinn, les auteurs reprennent de plus bel avec ce nouveau titre Muraqqa’. Emilio Ruis qui travaillait dans l’ombre de son épouse sur la précédente série, prend ici la place du scénariste sans pour autant renoncer à son active collaboration avec Anna Mirallès. Ce nouveau titre reste dans la continuité de la première série, voici encore une histoire qui fera entrer le lecteur dans le monde sensuel des gynécée orientaux. Cependant, Muraqqa’ opte pour une mise en scène moins racoleuse et clairement axé sous le signe de la spiritualité.

C’est ce principal aspect qui m’a interpelé. En plus de la couverture qui, pour une fois, ne semblait pas se servir de la culture indienne comme un simple prétexte pour une mise en scène exotique. Reste a savoir si ce titre tient ses promesses ou s’il va finalement sortir de ce cadre prometteur.

Les premières pages sont des plus encourageante, on y découvre Priti dessinant dans le plus simple appareil au beau milieu d’une troupe d’animaux sauvage. Un Saddhu vient  a sa rencontre pour le lui reprocher, la remarque de notre héroïne reste pleine de bon sens, mais dans l’Inde hindou, il n’appartient pas à la femme de s’engager dans les voies spirituelles. Remarquée par son grand talent à la cour du Maharaja Monghol Jahangir, Priti doit quitter son village et la nature qu’elle chérie tant pour se mettre au service du souverain.

A partir de là, on entre dans le vif du sujet, Priti est introduite dans le gynécée par l’eunuque de la reine qui en plus de lui expliquer les règles qui régisses ce lieu privilégié, il lui dévoile le rôle que l’on attend d’elle. La jeune femme doit confectionner un muraqqa’, un livre patchwork illustré des portraits des femmes composant le gynécée. Bien sûr dans ce monde cloitré, plus d’une épreuves risques de détourner ou corrompre la jeune femme excessivement naïve. Cela est si prégnant qu’à la fin de cet album on ne se demande pas si elle parviendra à composer son œuvre, mais plutôt si Priti succombera à la débauche.

C’est donc de ce point de vue, une grosse déception lorsqu’on s’attendait à quelques chose de plus fourni, de plus vrai. De plus, la mise en scène et l’intrigue donnent surtout à Muraqqa’ l’impression d’être un documentaire. Le choix de la jeune femme introduite dans un lieu nouveau sert trop facilement de prétexte à une description systématique de l’environnement. Ici c’est comme ça, un tel et une telle est dévolu à telle charges etc. Le récit au final ne fait pas naturel, et la composition des planches n’aide pas à se dépêtrer de cette impression artificielle qui rappel la structure d’un dictionnaire.

Anna Mirallès travaille case par case, son mari s’occupe de recomposer les planches sur ordinateur ce qui lui permet au loisir d’agrandir ou de rétrécir les cases. Si cette technique semble fasciner le Web, elle dévoile vite ses défauts dans la lecture. On remarque bien que l’ensemble accuse  un problème de cohérence et que certain élément manque de détail quand d’autre sont à côté assez soigné. Normal lorsqu’on change l’échelle originale d’une case.

Le dessin d’Anna Mirallès, sans être aussi beau qu’on le prétend, est fin et délicat. Peut être un peu trop dépouillé par moment. Mais quel force, quel trait dans les costumes et les bijoux des femmes ! C’est vraiment tout l’atout et la force de cet auteur. On n’a jamais vu de parure aussi belle dans une bédé ! Et pour en revenir à ma première idée, le soucis de l’exactitude du costume est respecter. Sans connaître l’histoire vestimentaire en Inde, on reste cependant assurer de leur provenance géographique. Le regard d’un historien d’art nous dira si l’époque est respecté.

Enfin, notons aussi que les personnages manquent cruellement d’expressions. La scène de la dispute des princes est révélatrice à ce propos. Les dialogues sont comme en décalage par rapport à leur attitudes. Dans cette même scène, les personnages sembles stoïques, seul la remarque faite à ce propos permet de comprendre la tonalité du dialogue.

On s’attendait à un titre plus percutant, Muraqqa’ reste dans la lignée de ce qu’on lit aujourd’hui. Ni très incisif sur la critique de la société du XVIIe, ni très mouvementé dans sa narration, Muraqqa’ est tel une fleuve tranquille qui avance dans jamais rencontrer le moindre accros sur sa course. Cela manque de surprises et d’intrigues . Ce premier album ne fait qu’esquisser un monde et des personnages sans leur laisser les moyens de se dévoiler du moins en parti.

Ce titre reste un album agréable et prometteur, il serait injuste d’en nier les qualités réelles. Le lecteur reste sur sa faim, la balle est désormais dans le camps d‘Emilio Ruis et d’Anna Mirallès.

Sorry, the comment form is closed at this time.