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Août 142012
 

Production : UTV Studios
Distribution : Disney
Directeur : Arnab Chaudhuri
Producteur : Siddharth Roy Kapur
Sortie (inde) : 25 Mai 2012

On ne l’espérais plus, ce film a tellement fait attendre ses fans qu’on se demandait s’il allait enfin voir le jour. Mais le voici, et je l’ai même raté de plusieurs mois ! Le film est déjà disponible en DVD en Inde, mais aucune date de distribution n’est à l’ordre du jour dans nos latitudes (et si, depuis cet article, il est sortie en février 2015 !). Pourtant, après un long silence, on découvre que Walt Disney fait parti de l’aventure. Il semblerait que le géant américain, coutumier de patronner l’animation indienne après notamment Road Side Romeo se soit intéressé de près à ce projet d’envergure. C’est ainsi qu’en février de cette année, la firme américaine à racheté (pour plus de 360 millions de dollars) le studio de cinéma UTV qui a à son actif de nombreux blockbuster. Déjà en 2006, Walt Disney possédait 14,9% du studio de Mumbai. Il est un fait que la bataille fait rage entre les investisseurs occidentaux pour gagner des parts de marché dans ce pays où l’économie des médias est florissante et apporte une richesse incontournables au niveau international. A l’heure actuelle, la compagnie deviendra The Walt Disney Co. India. Pour le studio de cinéma indien, devenir une branche de Disney est le meilleur moyen de percer sur le marché mondial et non plus comme simple sous-traitant. C’est aussi pour le public occidental une garantie d’une certaine qualité. Le film La fée Clochette, a prouvé, dans l’ombre, que l’Inde recelait de grands animateurs. C’est maintenant dans la lumière que ce film perce.

La maitrise des couleurs et des ombres font de Arjun le plus beau film d’animation indienne.

Il reste dommage que le film n’est pas été achevé en restant 100% indien. Il est pourtant évident que Disney n’y a contribué que de loin, comme contrôleur qualité. Porté par un studio de cinéma, Arjuna le prince guerrier est au delà de tous les précédents projets du pays. Doté d’un budget de plus de 500 000$, et conçu dès son origine avec une direction artistique innovante. En effet, le directeur Arnab Chaudhuri avait orienté son film dès le début en s’inspirant de l’univers Anim/Manga qu’il considère plus propre à représenter les caractéristiques d’un film mature. Exit donc le style cartoon propre aux productions indiennes, place à un univers visuel dominé par la couleur, les ombres et les perspectives. Exit aussi les chansons Bollywood qui font les délices d’un public préférant les productions plus légères. Le scénario, inspiré de la longue fresque du Mahâbhârata sort enfin des sentiers battu du Râmâyana. Après Eklavya, Arjuna va offrir une intrigue plus complexe et plus dense propre à intéressé un public adulte occidental.

Le destin des personnages du Mahâbhârata sont aussi tragique que moderne.

Avant de nous pencher sur l’histoire, disons quelques mots sur les qualités visuelles du films. Enfin, enfin, l’Inde porte un projet ambitieux, loin des querelles des studios d’animations où chacun a à cœur d’offrir sa version du Ramayana, ici UTV fait cavalier seul et réfléchi avant tout à offrir, plus qu’une morale religieuse, des émotions au spectateurs. A ce propos, Krishna qui fera plusieurs apparition est vue comme il l’est décrit dans l’épopée : c’est un roi et non un dieu. Le film est dessiné dans une sorte de cell shading  : l’univers est en 3D mais donne cette impression de film animé traditionnel. Les décors sont plus traditionnels, on regrette cependant certaines incrustations vidéo des moins heureuses. Le chara-dessign est excellent et ne varie jamais d’un ton : pas de disproportion des personnages (sauf hélas avec quelques animaux comme on l’avait vu à l’époque dans Aladdin). L’animation est d’une grande fluidité, mais parfois trop rapide (notamment lors des travellings) : c’est un vrai plaisir que de voir chaque doigt animé, de voir bouger la queue d’une vache et aussi de découvrir des personnages non figés etc. Malgré tout, on a quelques fois le sentiment que les personnages sont mal insérés dans leur décor. Les animations de foules sont, par contre, impressionnantes. Il y a donc de la très grande animation qui côtoie des séquences plus décevantes (rappelons que la série Krishna était impeccable à ce niveau là, mais moins ambitieuse). Les nombreuses scènes de combats, inspirées des arts-martiaux indiens comme le Kalaripayattu et le Thang-Ta sont impressionnantes par leur qualités, et disons le, inédite en animation. L’ensemble reste très agréable et d’un haut niveau.

Dans les scène de foule, chaque personnage est animé. Chacun ayant, en plus, des traits bien distincts.

L’histoire de ce film ce passe avant la grande bataille racontée au centre de l’épopée. Dans Arjun The warior Prince, il s’agit avant tout de dévoiler les raisons de cette grande tragédie future qui réside dans cette guerre fratricide qui décidera du sort de milliers de guerriers. L’histoire commence dans l’ermitage de Drona, la scène n’est pas sans rappelé les références d’une série comme Spartacus. Les 5 pandava-s sont amenés auprès du maitre afin de bénéficier de son entrainement, à l’instar de leur 100 cousins les Kaurava-s. L’inimitié entre les deux familles est déjà transparente mais les vertus des 5 fils de Pandu brillent parmi les nombreux élèves de Drona. L’un plus que les autres, Arjuna. Duryodhana est le Kaurava le moins prévenant envers ses cousins. La scène de la course de char, en plus de montrer tout le talent des animateurs, permet de mettre en exergue cette inimité. On découvre également la fraternité sans failles des 5 héros et leurs grandes probités qui les distinguent de leurs cousins. Dhritarastra, règne sur le royaume prospère et vertueux de Pandu, son demi frère. Cependant, la succession est désormais ouverte et le vieux roi doit choisir comment répartir son empire entre son fils, Duryodhana et ses neveux, les 5 Pandava-s. Le monarque partage son royaume entre les deux branches cousines, ce qui n’est pas au gout de l’ombrageux Duryodhana qui va tout faire pour récupérer l’héritage des panduides.

Les architectures sont également de très grande qualité.

En puisant ses références claire à Ben-Hur, où à des productions plus récentes comme Spartacus ou Rome, le film s’inscrit dans une dramaturgie aux mécanismes classiques, ce qui permet au public occidental de se raccrocher à un référentiel connu. Pour autant, par certains moments, les choix et les actions des personnages n’apparaitra pas aussi claire aux spectateurs peu familier avec cette culture. Peut-être certains éclaircissements auraient étés nécessaire pour rendre la lecture du film plus aisé. Quoi qu’il en soit, malgré ses défauts, le film est assez riche et divertissant pour intéresser le spectateur français. Si vous appréciez les histoires héroïques, le ton dramatiques de l’action, les aventures de guerriers qui défendent leur honneur et la justice ; si vous êtes allergiques aux chansons Bollywood et au histoires frivoles, alors aucun doute, Arjun, the warior prince est un film à voir. Doté d’une réalisation qu’on espérait plus et d’une mise en scène très hollywoodienne, le film de UTV Studios/The Walt Disney Co. India s’en sort avec les honneurs !

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Pour aller plus loin :

http://www.livemint.com/2012/02/01230230/Walt-Disney-acquires-controlli.html

http://www.telegraphindia.com/1120516/jsp/entertainment/story_15491833.jsp#.UCYs_FIVLkd

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