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Sev

Juil 262013
 

Surfant sur la vague du manga, après Nomad et HK, Sillage (scénarisée et dessinée par Morvan et Buchet)  apparaît à la fin des années 90 (en 1998), à la glorieuse époque du polygone, de l’ersatz de Dragon Ball hong-kongais (il faudra que je fasse un article sur Cyber Weapon Z), de l’ersatz de Dragon Ball et de l’ersatz du manga tout court.

10 volumes et 10 ans après le début de cette nouvelle saga de science-fiction, Morvan et Buchet rendent hommage à la mère-patrie du mangasse qui les a tant inspirés : le Japon.

Nävis prend une posture de samuraï.Le Japon : un sabre et un arbre tordu. Et du rouge aussi, quand même. A noter les fringues et les godasses qui témoignent de l’extrême documentation de l’artiss’ !

Qui a dit représentation clichée ?

Notre agent spéciale Nävis se retrouve donc missionnée par un avocat, qui a maille à partir avec les autorités de Sillage dans un endroit qui ressemble furieusement au Japon sur un background d’exploitation minière qui va vite être oublié en fait. A savoir une planète qui sort d’un régime féodal pour un empire, très renfermée sur elle-même, assez xénophobe, avec des bonshommes avec des katanas, des bonnes femmes en kimono et des sages guerriers aussi, un peu, histoire de caser un maximum de clichés. Je ne suis pas sûre d’en avoir fait le tour. Bon, je ne vais pas m’appesantir sur les clichés et la pseudo-histoire de minerai, vu que la BD est plutôt basée sur d’autres aspects.

Il va s’agir de l’évolution intérieure de Nävis : comment d’une simili-Gally matinée d’une Lara Croft, on devrait arriver à un adulte responsable (sachant que la donzelle est à peu près aussi stable qu’une casserole de lait sur le feu). Donc épisode observation/ contemplation/ introspection.

Premier épisode : Nävis se fait mettre la misère par Papy-Warrior, qui va la prendre sous son aile par la suite, en lui faisant qu’elle parlait trop, c’était bien une femme!

Deuxième épisode : notre héroïne découvre la vie de Lafâme : ikebana, cérémonie du thé, estampe, bref, tout ce qui doit caractériser Lafâme : l’agrément. Tout en lui expliquant qu’il ne s’agissait pas de soumission que de faire les larbins, parce qu’après la confidence sur l’oreiller, c’était bien Lafâme qui avait le pouvoir : elle pouvait toujours glisser à Lhômme quelle politique adopter ! Non mais ! (oui, en chacune des femmes sommeille une Pompadour et une Du Barry, peut-être même une Miantenon! en tout cas, on se demande bien le besoin d’un tel exotisme de référence, quand on a les mêmes à la maison, Léon). Il n’y a pas d’égalité hommes-femmes, il n’y a que la complémentarité, lui dit-on. Pardon ? c’est pour faire yin-yang, tout ça? ça commence à piquer un peu, je dois dire. Je n’ai même pas envie de m’attarder sur l’hétéronormativité de tels propos, parce que le bougre n’a pas même pas l’air de considérer de l’ordre du possible un coupe homosexuel. Nävis commence à comprendre l’étendue de son erreur. Le mansplaining est en marche.

Troisième épisode : la future-Lafâme comme il faut, à savoir Nävis, fait de l’introspection. Et là, ça fait mal. Très mal. Les femmes japonaises « Serviles, oui. Mais en surface ». Moui, mais euh, c’était pas ce contre quoi tu avais lutté dans le volume 6, ma chère Nävis, en disant que non, on avait pas une occupation selon son genre, qu’on pouvait se battre en étant une femme et broder en étant un homme? Non ? ah bon, pardon, j’avais cru.

Et là, je vais citer :

« En fait il m’ouvrait les yeux. Les longues marches pénibles. La confrontation avec les femmes Thuan…

Mais surtout le fait qu’il ne me reconnaisse ni femme, ni guerrier… J’ai fini par réaliser que je n’assumais aucune de ces deux fonctions. »

Ah, femme c’est une fonction ? Merde alors ! j’ai toujours cru que c’était un état, ou une nature, vu que c’est difficile de changer. Donc c’est une fonction ? Mais que recouvre la fonction femme au fait ? J’aimerais bien le savoir. Si on pouvait mecspliquer ça un peu, j’avoue que j’apprécierais. Histoire de me coucher moins bête (je suis une Lafâme, il faut m’expliquer les choses).

« Je ne suis femme que dans l’excès ou la futilité »

C’est un début de réponse. Mais curieusement, en lisant ça, mes ongles se sont enfoncés dans la BD, je ne sais pas pourquoi, question d’excès, sûrement.

Je fais l’impasse sur la suite du discours de Nävis qui est une arme, gnagnagna, que Gally a tenu avant elle X fois, et je vais me concentrer sur cette phrase.

Déjà, je ne vois pas comment quelqu’un qui est le seul représentant de son espèce (ou presque, les shootés façon La Plage ont vite été évacués) pourrait avoir une réflexion genro-normée type les hommes sont comme ci, comme ça et les femmes comme ci, comme ça et surtout pas autrement. Il est vraiment établi que le gène du ménage est un gène typiquement féminin et le gène de connaître sous le capot de la bagnole un gène typiquement masculin, c’est bien connu, c’est aussi bien établi que la phrénologie, et seuls les benêts et les simples d’esprit (sûrement des femmes) contesteraient cette vérité aujourd’hui. Et il en est de même sur tout l’univers : que les femelles fassent la vaisselle pendant que les mâles réparent les vaisseaux et les supernova s’en trouveront circonscrites. Par contre, il a visiblement échappé à Morvan, et à Buchet (parce que pour dessiner sur un scénar il faut l’avoir lu, quand même) que sur Terre, il  a existé et existe des sociétés matriarcales, donc qui échappent à l’ordre cosmique, ce qui doit en effet expliquer le réchauffement climatique, l’augmentation des impôts et la perte du dernier triple A français.

Donc femme = excès et futilité. Cool. Je pense que toutes les femmes seront heureuses de l’apprendre. Après tout, après les décors façon estampe on pouvait bien s’attendre à un cliché aussi moisi.

Par contre, je me demande ce qui s’est passé entre Artifices et Monde Flottant ? Un divorce, peut-être?

Et je me demande aussi si j’ai vraiment envie de lire la suite. Jusque là, c’était une série que j’appréciais, mais, sûrement d’apprendre que je suis futile et excessive, ça m’a refroidie, jusque là j’avais vécu dans une bienheureuse ignorance…

Mar 172013
 

Développeur : Eidos – Square
Sortie : 5 mars 2013
Plate-forme : PC – X Box 360 – Playstation 3 (version PS3)

Le phénomène du reboot touchant aussi bien le cinéma que le jeu vidéo, pourquoi ne pas faire le reboot d’une saga qui fut, un temps, culte, avant de sombrer, d’abord dans la médiocrité, puis dans l’oubli ? N’est-ce pas dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes ? N’est-ce pas infiniment plus simple et plus intéressant, économiquement parlant, de se reposer sur les vieilles gloires que d’en créer des nouvelles ? Tant de questions qui se posent aux développeurs.

Aussi, un beau jour de 2009, Square annonça officiellement un reboot de la série qui avait immortalisé, en 1996, les nichons pyramidaux l’exploration façon Indiana Jones : Tomb Raider.

Puis en 2011, la même firme offrit à nos petits yeux les premiers instants de gameplay où nous voyions Lara se débattre face à la loi de Murphy, à l’instar de Nathan Drake (quoique, en matière de poisse, Isaac Clarke n’est pas mal non plus).

Ma réaction a été : WTF ?

Quelques sueurs froides plus tard, et quelques années aussi accessoirement, après quelques trailers, après d’autres extraits de gameplay, il fallait quand même se frotter à la bête, pour pouvoir mieux l’affronter.

Après avoir joué,  ma réaction demeure : WTF?

Oui, tu tombes de haut, comme moi aussi, bientôt….

Alors, graphiquement, oui c’est beau, tout le monde est extatique, mais le jeu est juste beau, les modélisations des persos ne sont pas non plus transcendantales, Resident Evil 5 faisait aussi bien. Sonorement, bon, je dirais que c’est anecdotique, il n’y a rien de marquant, une fois le jeu quitté, rien ne vous restera en tête (et pendant le jeu non plus d’ailleurs)  et surtout pourquoi n’ont-ils repris, à aucun moment un des thèmes de l’ancienne série ?  ça aurait pu être une bonne idée parce que là, on voit juste pas le rapport, à part l’état civil de l’héroïne.

Et pour qui a joué aux anciens épisodes, on a du mal à comprendre comment la Lara qu’on voit à l’écran a pu aboutir à la Lara qu’on a connue précédemment. Nous allons donc incarner une fille qui sur un coup de tête génial (localiser le légendaire royaume du Yamatai) va embarquer tout un équipage pour voguer vers le Triangle du Dragon. Forcément, avec un nom pourri comme ça, tout ça va se terminer par un beau naufrage, à base de tempête furieuse, de bateau qui coule (mais qu’on va retrouver échoué sur la plage quelques heures plus tard, ho ho ho), et de « glouglou, c’est salé l’eau de mer ». Notre donzelle arrive donc, après avoir échappé à la noyade, après avoir échappé aux hélices du rafiot sur la plage et puis là, poum, un coup de matraque et dodo. Je n’avais pas encore joué que j’avais déjà un coup de barre aussi, mais bon. A demi-consciente, elle se rend compte qu’on la transporte façon néanderthal (par les cheveux) avant de la saucissonner tête en bas dans une grotte, qui si elle a d’indéniables qualités pour la conservation du fromage et du jambon, est en fait fort peu hospitalière pour les êtres vivants. En effet, elle est remplie  de moult cadavres et tout cela est fort risqué du point de vue sanitaire. Goûtant peu la perspective de devenir un Justin Bridou, notre naïve héroïne décide donc de descendre au plus vite et elle n’y va pas par quatre chemins : en se balançant, elle va enflammer, en le poussant dans un âtre, un macchabée empaqueté, pour ensuite enflammer le paquetage qui la retient elle, ce qui va la faire chuter et accessoirement s’empaler sur une espèce de vis géante (j’espère qu’elle a fait tous ses rappels antitétaniques).

Quand elle s’ennuie, Lara essaie de surprendre les barils.

Oui, vous avez bien lu, pour s’échapper, elle va 1. se cramer, 2. tomber de plusieurs mètres de haut, 3. se planter sur un objet tranchant. ça ne vous paraît pas logique, voire un tantinet débile? Moi aussi, sur le coup, ça m’a paru très con, mais j’ai compris après pourquoi : parce qu’il lui fallait bien un handicap, sinon, c’était vraiment pas du jeu. En effet, en suite, les 5/6e du jeu se passeront à mettre la misère aux autochtones mal intentionnés.

Mais attention, mettre la misère, c’est pas mettre la misère façon Batman en assommant l’ennemi, c’est mettre la misère plutôt genre à coups de piolet dans la poire, de napalm dans la tête, de coup de fusil dans la mâchoire, de flèche enflammée dans la carotide…

Vous vous souvenez de Lara, dans Tomb Raider1, qui ne tuait en tout et pour tout que 5 êtres humains (en comptant cette garce de Natla qui s’était bien payé sa tête avec ses histoires de Scion), et avec une certaine répugnance ? Vous apprenez qu’elle a dû tuer au moins une centaine de personnes de façon assez gore quelques années auparavant. Ce qui ne l’empêche pas de faire son Caliméro, après tout, on peut planter un piolet dans l’oeil de son adversaire et être doté d’une certaine sensibilité, on peut exterminer la moitié de la population de l’île (en gardant bonne conscience : ils sont méchants, donc légitimement exterminables, pourquoi se prendre la tête à les assommer, autant leur défoncer la mâchoire à grands coups de pierre !) et avoir un coeur qui palpite dans la main de détresse morale. Preuve qu’ils sont méchants : ils ont élu domicile dans un endroit plein de sang, bouh, c’est dégueulasse, et surtout, ils appartiennent à une secte. Mais on y reviendra après.

Lara en pleine exploration des points sensibles du corps humain . fig. 1: « Le Headshot ».

Ce jeu est gore, on a l’impression qu’il a été développé par Santa Monica ou Netherrealm Studios, entre les charniers humains, les ossements (des montagnes), les finishers (vas-y que je te crame avec des flèches au napalm, vas-y que je te lacère la poire à coups de piolet) et j’en oublie… C’est assez effarant, et c’est proprement ridicule : il y a tant de monde que ça qui vient s’échouer sur les plages de cette île ? Et malgré tout, jamais personne ne s’est rendu compte que l’endroit était peu fréquentable ? Parce qu’il doit y avoir des centaines de cadavres, voire des milliers… C’est vraiment faire du gore pour faire du gore. C’est entre le ridicule et l’infect.

Mais l’est plus encore la non-identité du jeu, on a là un mix entre Uncharted (c’est tout le gameplay qui est repris, et l’architecture du jeu, un lieu à explorer un événement qui déstructure le niveau et t’oblige à atterrir plus loin : un bâtiment qui flambe, un avion qui se crashe, la propension à la poisse, des zones apparemment spacieuses, mais dans lesquelles on est comme sur un rail : Lara va, selon les besoins, marcher voûtée, se faufiler, sans qu’on ait autre chose à faire que d’appuyer sur la direction), Batman (ou Hitman, pour l’instinct de survie, qui affiche tous les objets intéressants d’une certaine couleur, mais aussi pour les compétences à débloquer avec de l’exp !), Metal Gear Solid 3 (ouh, la chasse! tiens, ça me rappelle quelque chose et là, c’est la loose qu’un jeu sorti sur PS2 ait permis une gestion de la chasse beaucoup plus optimale qu’un jeu sorti sur la fin de la PS3 !), de Dead Space (tiens ! le tir alternatif ! tiens, l’assignation des armes sur la croix directionnelle), et même de Resident Evil (charadesign, level design du bidonville qui n’est pas sans rappeler une zone de RE4, sans compter Matthias qui ressemble quand même beaucoup à ce brave Osmund Saddler), voire de God of War, pour ne pas parler d’autres inspirations, notamment Far Cry 3. Sans compter le côté absurde de customiser ses armes au feu de camp : genre elle fait fondre son métal au milieu de ses patates qui cuisent ? N’importe quoi. Qu’elle se fournisse en matériel au fur et à mesure de ses explorations aurait été plus convaincant : qui sait, elle aurait pu trouver des clefs pour accéder à des salles, soyons fous ! Toujours avec le feu de camp, mais où diable ont-ils été pêcher cette idée de téléportation par le feu de camp ?

Comment se faire un fusil d’assaut dans un feu de camp? Il suffit de touiller !

Allez, n’en jetons plus, ce jeu n’apporte rien de neuf, et importe des idées de ci, de-là, de partout, sauf de Tomb Raider finalement. Parce que de l’originel, tout a disparu, ici pas d’exploration, que de l’action, pas d’énigme (ou si peu, et surtout, si anecdotiques !), que de l’action (c’est un jeu d’action, la partie survie est assez anecdotique), pas de clefs, pas de leviers, on défonce tout, c’est plus simple. Vous avez bien deux-trois tombeaux à « explorer », mais c’est plus affligeant qu’autre chose : un couloir, une énigme qui ne poserait pas de problème à un lombric (le plus souvent, il s’agit de brûler quelque chose, le feu est la solution dans 75% des situations, Lara a de sérieuses tendances pyromanes), ce qui nous amène à un coffre de dimensions généreuses rempli à ras bord de trésors, dans lequel Lara va piocher un truc au hasard, tout en s’exclamant, « Ouah, c’est trop géniaaaal ») et puis fini le tombeau. C’est bizarre, le tombeau de Tihocan m’avait laissé un autre souvenir. Tout le jeu vous prend par la main, vous êtes assisté dans vos moindres gestes, fini les moments de solitude façon Tomb Raider 2, où vous vous demandez où vous devez aller déjà, parce que vous avez interrompu votre partie il y a 8 jours, et que vous ne vous souvenez plus quoi faire. Sinon, évolution notable : Lara se met à collectionner des jouets en plastique et des répliques « made in China », faut tout de même avouer que c’est plus intéressant à ramener chez soi qu’un casque de samouraï du Xe siècle !

Le scénario : c’est pas mieux, il est nanard et cliché au possible. Nous avons donc une équipe digne d’un teen-movie qui s’embarque, le nounours sage et sympa, la teigneuse dégourdie, la cruche meilleure copine, le geek, le gars qui est comme un père, le vieux poivrot, et notre héroïne. Un naufrage sur une île maudite plus tard, voilà les mêmes aux prises avec des méchants : une Secte. Alors, comment dire? bon, le coup de la secte, c’est déjà vaguement éculé, si en plus on l’accompagne de rituels à base de sang, de tripes et de souffrance, ça le devient encore plus. Et le pire, c’est que le traitement ne fait rien pour arranger ça : le leader de la secte est un psychopathe mégalomane à capuche, flanqué de seconds qui lui obéissent aveuglément, sans capuche. La capuche c’est le statut social. Tu as une capuche, tu es chef : il suffit de voir Dark Sidious et Osmund Saddler. Être chef, c’est tellement bien que ça permet d’arborer un tatouage qui ressemble à des fientes de pigeon sur le torse. Tout ce beau monde voue un culte à la reine solaire Himiko (toute ressemblance avec Amaterasu n’est pas fortuite dans sa représentation dans TR, à noter au passage que la rencontre Himiko-Amaterasu a été faite dans… Okami), qui au passage, commande aux tempêtes. Bien, bien , bien. Si l’objectif premier de Lara a été de faire des fouilles pour en savoir plus sur cette reine mythique, dès lors qu’elle posera le pied sur l’île, ce sera de tout ravager : destruction de son tombeau à grands coups de cloche (Lara n’étant pas la cloche en question, en fait si, elle est l’une des cloches), incendie de son palais, et j’en rate certainement. Pour quelqu’un qui était ultra-motivé pour ses recherches, au point de mener une expédition vers un endroit réputé dangereux, je trouve que c’est un bon résultat. Le traitement des personnages est à l’avenant : caricature voisine avec cliché : la gourde, la garce, l’amoureux timide, le vieux, le papa de substitution. Et évidemment, personne équipé de cerveau : la solution appliquée systématiquement : se séparer. Non mais quoi, ils se sont crus dans Scream ? Et les rituels ? Même postulat que Project Zero : il faut beaucoup de bougies (mais alors, vraiment plein plein) et plus tu souffres, mieux ça marche (d’ailleurs, c’est glauque, cette vision qu’ont les Japonais de leur propre folklore). Avec ça, on met des cordes, des légendes, des symboles, une malédiction de l’île qui empêche d’en sortir, des sacrifices humains et emballé c’est pesé. Et puis voilà. Resident Evil 4 avait au moins conscience d’être cliché, et Uncharted offrait au moins un peu d’humour (ah, les blagues de Sully), alors qu’on a ici un jeu qui se prend désespérément au sérieux (paye ton apologie de la souffrance). Et la fin est bateau (c’est le cas de le dire) au possible, une grosse déception.

J’ai déjà vu ça quelque part…

Les combats, même s’ils occupent les 5/6e du jeu, sont plutôt inintéressants, l’intelligence artificielle avoisinant celle d’un Space Invader, les ennemis ne mettent pas vraiment en place de stratégie, et le combat se rapproche du canardage. Même l’unique boss du jeu ne demande pas grand effort pour être abattu. Et là encore : pour un jeu autant axé sur les combats, pourquoi ne pas avoir mis en place des affrontements intéressants et dynamiques, parce que certaines batailles interminables (un peu à la façon d’Uncharted, où des vagues d’ennemis se relaient, rendant le combat franchement lassant) sont plutôt ennuyantes qu’autre chose ? Et ce n’est pas les trophées (« Boum », si on tire sur une dynamite en plein air, « Tireur d’élite » si on fait tant de headshots, « Pistolero » si on abat tant d’ennemis avec le pistolet, etc, etc) qui donnent un regain d’intérêt. De même; un seul boss pour un jeu d’action, c’est une grossière erreur (qui avait déjà été commise pour Underworld), pourquoi ne pas en avoir fait plus ? Si on fait de l’action, autant l’assumer en offrant au moins des challenges mémorables. Le « boss » de fin est juste minable… en plus de faire dans le fan service.

Naïfs qui pensiez qu’un piolet servait à l’escalade, en plus de défoncer efficacement
le faciès ennemi, c’est un moyen de transport très rapide!

En bref, ce reboot considéré comme un immanquable est une grosse déception, en plus de ne rien reprendre de ce qui a fait le succès de la série originelle (l’exploration de civilisations perdues, les énigmes), elle pioche à droite à gauche assez éhontément. Je me demande : il aura fallu 4 ans pour aboutir à ça?

Évaluation

Graphismes 16/20 C’est beau, sans être révolutionnaire
Jouabilité 17/20 Lara répond plutôt bien, même si parfois il y a des cafouillages et des bugs (Lara peut voler, c’est cool!)
Scénario 08/20 Assez lamentable, il faut l’avouer, entre les poncifs, les reprises de Project Zero, entre autres, les personnages ultra-caricaturaux,  il n’y a pas grand chose à en garder.
Bande-son 15/20 Une bande-son pas marquante, mais qui a le mérite de servir l’action
Durée de vie 13/20 Comptez une quinzaine d’heures de jeu pour terminer l’aventure en incluant les quêtes annexes, cela peut paraître honnête, mais i n’y a pas de replay value.
Fun 12/20 Certains passages sympas (parachute), mais le reste oscille entre l’absurde et le redondant.
Note globale : 12/20
Ce jeu n’est certes pas une purge, mais est très loin du chef-d’œuvre proclamé à l’envi. C’est un jeu honnête, mais très en deçà de ce qu’on était en droit d’attendre après tant d’années. Une vraie déception, qui se permet en outre de renier ses origines et de piller d’autres jeux.
Jan 272013
 

Au moment où la saga Tomb Raider  fait l’objet d’un n-ième reboot, je me suis prise de nostalgie et me suis refait un des premiers opus, de ceux qui datent de la Playstation première du nom, et avec des polygones géants et tout cubiques (à part pour Lara, dont les seins étaient pyramidaux dans le 1, et ronds dans le 2).

La jaquette du jeuRappelez-vous, ces jaquettes carré…

J’ai acheté le jeu pour une somme modique sur le PSN, à peu près 3 euros, donc, à ce niveau, on ne peut pas crier au vol, c’est vraiment raisonnable. Par contre, le jeu est entièrement en anglais, pas que ce soit gênant vu la subtilité des dialogues (il faut empêcher le méchant mafieux italien de récupérer la dague de Xian avant nous, sinon, c’est le drame), mais le doublage anglais est vraiment désagréable, je trouve. La voix française de Lara est tellement plus classe tout en étant moins snob ! Une petite déception à ce propos, mais bon, il y a tellement peu de dialogues que finalement, ce n’est pas dramatique.

Dépassé le choc linguistique, il faut bien avouer que presque 16 ans après, le jeu est… moche. Voire carrément hideux pour certains niveaux. Venise est un massacre tant au niveau esthétique que du leveldesign, les niveaux ne sont pas intéressants et assez bordéliques, les modélisations des personnages, hormis Lara sont franchement indigentes, bref, le jeu accuse 1. clairement son âge 2. la rapidité d’exécution dont il a été l’objet (1 an à peine après le 1er opus). A cela s’ajoutent un aliasing assez sévère et pas mal d’effets de surbrillance un peu partout. J’avais souvenir que le jeu était pas très beau (Tomb Raider II n’ayant jamais été un des sommets graphiques de la PS) mais pas à ce point-là, quand même… Alors, est-ce que c’est la faute à un portage bâclé ? Ou est-ce que le jeu était vraiment comme ça à l’époque ? je penche plutôt pour la première option.

Venise dans Tomb Raider IIVous saviez qu’on pouvait marcher sur des stores vénitiens ?

Pareil, le gameplay, très raide, peut sembler avoir pris un sacré coup de vieux, néanmoins, on reprend vite les vieux réflexes, et je pense que pour quelqu’un qui y joue pour la première fois, le temps d’adaptation ne doit pas extrêmement long. Et si la direction du personnage est très rigide, le gameplay est logique : la croix qui sert à faire une action/ à confirmer/ à tirer quand Lara dégaine. Donc pas de risque de se perdre parmi les nombreux mouvements (surtout pour l’époque) de Lara. Reste un menu et une gestion des sauvegardes un peu décevante : on ne peut faire qu’un bloc (à moins de le copier), et donc, vous sauvegardez toujours sur le même bloc. Pour les aficionadas comme moi des sauvegardes multiples, c’est un peu moche, d’autant que ça vous oblige à ne faire qu’un niveau à la fois.

Et les niveaux peuvent parfois être longs, j’ai mis des plombes à faire l’Opéra, parce que l’architecture du niveau est assez bancale, et qu’on ne sait parfois pas trop où aller, faute de décors lisibles (les panneaux où il faut installer les circuits imprimés n’étant pas spécialement remarquables). Pareil, le temple de Xian est vraiment très long (mais lui, parce qu’il est vraiment long, car on comprend mieux l’enchainement des actions). A ce niveau, le 1er opus était bien meilleur, il faut l’avouer, on ne passait pas une éternité à chercher une clé qui avait finalement été lâchée par un type qu’on avait abattu, mais dont le précieux loot était invisible, soit parce que masqué par les polygones gigantesques du cadavre, ou par… le décor (paye ta clé dans Venise que tu ne trouves pas parce qu’elle a disparu dans le mur, je l’ai finalement chopée complètement eu hasard). Tomb raider II va nécessiter plusieurs fois une soluce pour en voir le bout.

Toi, il va t’arriver des bricoles…

Déjà pour savoir qui relâchera quoi, si vous ne voulez pas shooter tout le monde (même si l’option pacifique est de loin la plus complexe). Parce que des gros bras, des nettoyeurs et autres ennemis en tous genres (de l’araignée jusqu’au yéti en passant par les rats, les tigres et les T-Rex -au nombre de deux, cette fois-ci), vous allez en rencontrer beaucoup durant ce périple qui mène à la dague de Xian, faisant de cet opus un véritable jeu de massacre. Sur certains niveaux (la Cache de Bartoli, l’épave du Maria Doria, par exemple, mais il y en a d’autres), vous pourrez abattre une trentaine de gars, si ce n’est plus (sans compter la faune hostile), avec un arsenal qui s’est étoffé depuis le premier épisode : Lara dispose d’un fusil à harpons et d’un lance-grenade (d’un emploi assez immonde il faut l’avouer, le lance-grenade fait littéralement exploser l’ennemi, le réduisant à l’état de chocapics). Une vraie arme de destruction massive, cette Lara. Et quelque part, ça tue un peu l’intérêt du jeu, par rapport au 1er Tomb Raider où les affrontements étaient somme toute relativement marginaux (du moins, en comparaison avec le 2). Et la solution la plus simple reste de cartonner joyeusement tout ce petit monde, d’autant que les munitions ne vous feront jamais vraiment défaut, et que pour certains combats, vous pourrez adopter la même stratégie que pour le T-Rex du 1er (à savoir vous planquer dans un coin, et canarder).

L’autre point noir du jeu (qui lui aussi peut appeler une soluce), c’est le fait que parfois, avant de trouver la bonne solution (sur comment aborder une pente glissante, par exemple) vous soyez obligé de faire un premier essai, avant de mourir, pour refaire. C’est assez énervant, et pas vraiment intelligent en termes de jeu. ça rappelle l’époque noire où pour un certain nombre de  jeux, où, pour passer un niveau il fallait le connaître par coeur. Du coup, ça oblige souvent à sauvegarder avant de faire un saut/ d’aborder une pente glissante, etc. Et plus vous avancez dans le jeu, plus vous devrez sauvegarder, ce qui a tendance à hacher le jeu. Parce qu’en abandonnant le concept des cristaux de sauvegarde à certains points du niveau et en optant pour la sauvegarde à tout moment, les développeurs ont dû se dire « Ouais, chouette, on va pouvoir faire des passages où il va y a voir des pentes avec plein de piques au bout qu’on ne verra pas » ou « Yeah, on va pouvoir se lâcher sur les pièges! lolilol ». Moui, sauf que bon, ça ne rend pas le jeu plus intéressant, mais moins intéressant, parce que faire un saut/ une sauvegarde dans les Iles du Ciel, ça va un temps, mais c’est vite gavant.

Heureusement, certains environnements s’en sortent plutôt bien.

Au niveau de la durée de vie, par contre rien à redire, le jeu est long (comptez une vingtaine d’heures pour en voir le bout), d’autant que la quête des secrets est assez sympa.

En bref, entre un level design pas toujours inspiré, des graphismes inégaux,  Tomb Raider II est un jeu qui aura été un des hits de la Playstation en son temps, mais qui a beaucoup moins bien vieilli que des titres comme Resident Evil 2, Tomb Raider (1er du nom), sans parler de titres comme Metal Gear Solid ou Final Fantasy VII. En dehors des nostalgiques, je ne suis pas sûre que vous y trouviez votre compte.

Évaluation

Graphismes 13/20 Très inégal, et souvent pas très joli, mais certains niveaux rattrapent un peu…
Jouabilité 16/20 une jouabilité qui peut paraître déroutante quand on s’y remet longtemps après, mais globalement, c’est correct.
Scénario 13/20 Une narration bien moins efficace que pour le 1er volet
Bande-son 15/20 De très belles pistes, et d’autres moyennes. Dommage que le jeu demeure si silencieux!
Durée de vie 17/20 Vous avez de quoi vous occuper un certain temps. et on ne peut pas en dire autant de tous les jeux d’aventure…
Fun 15/20 Des passages sympas, et des passages chiants, heureusement, il y a plus de niveaux sympa 🙂
Note globale : 14/20
Tomb Raider II a très mal vieilli et souffre de nombreux défauts. Il mériterait un bon petit lifting,car le potentiel est là, et le charme opère malgré tout.
Jan 212013
 

Date de Sortie : 5 décembre 2012
Réalisateur : Rich Moore
Licence : Disney

Un beau soir de novembre 2012, Fix-it Felix, héros du jeu d’arcade éponyme, fête ses 30 ans, au lieu d’aller vite se trouver un bunker disponible par rapport au 21 décembre. Il y en a qui n’ont vraiment aucun sens commun. Cette petite sauterie agace Ralph La Casse, non pas qu’il croie particulièrement au calendrier maya ou qu’il n’aime pas le travail de DJ de Skrillex, mais plutôt parce qu’il n’y est pas invité, lui, alors qu’il fait partie aussi du jeu Fix it Felix, c’est donc ses 30 ans à lui aussi, se dit-il, c’est trop injuste. Sauf que voilà, Monsieur La Casse, c’est le méchant du jeu, alors il est persona non grata. Tant pis, après tout notre bonhomme fait 6 fois la taille du videur, il y va donc tel un deinotherium dans une boutique Swarovski. Et évidemment, se fait accueillir plutôt fraîchement. Et évidemment, casse un peu tout (il ne s’appelle pas La Casse pour rien).

Alors lui apparaît l’évidence : pour pouvoir manger du gâteau et des petits fours avec Félix, Pac-Man et Sonic : il faut qu’il obtienne une médaille.

S’ensuit donc la quête de la médaille au cours de laquelle Ralph découvrira avec plus ou moins de bonheur d’autres univers vidéoludiques, de l’univers très alienisé de Hero’S Duty à celui très sucré et coloré de Sugar Rush. Autant d’hommages à des genres très divers de jeu vidéo.

Ralph au milieu des Méchants anonymes

Une réunion de Méchants Anonymes

Car le film se construit dans son intégralité comme un gigantesque hommage au jeu vidéo, que ce soit FPS (Hero’s Duty), arcade à l’ancienne (Pac-Man, Tapper, etc.) ou autre, et est bourré de clins d’œil : caméo, citations, apparitions d’objets… Les animations ont quelque chose des sprites oldies. Même l’OST sent son retrogaming, c’est vraiment un film fait par des fans. Et à ce titre, c’est vraiment agréable, je ne suis pas du tout d’accord avec le « Toy Story bis et raté » des Inrockuptibles. Parce que le fait qu’un film traite de jeu n’en fait pas une repompe de Toy Story forcément. Sinon, Les Mondes de Ralph est aussi une repompe de Megamind, de Moi, Moche et Méchant, parce que c’est l’histoire d’un bad guy qui devient tout sympa. Mais bon, il suffit de lire la critique en question pour se faire une idée !

En soi, l’intrigue n’est pas extraordinaire : Ralph, dans sa quête de la médaille, va atterrir dans le monde très mielleux (en apparence) de Sugar Rush, et y faire la connaissance de la petite (et a priori insupportable) Vanellope. Alors, oui, évidemment, il y a les moments guimauve (ça tombe bien, on est dans Sugar Rush) et planplan, et évidemment, film américain oblige, il y a l’inévitable moment d’abnégation et héroïsme, avec une belle morale un poil dégoulinante, mais vraiment, ce n’est pas ce que je retiendrai du film. L’humour plutôt pas mal trouvé sauve un peu, mais ce n’est pas l’élément principal. Ce qui est marquant, et qui donne le sourire tout le long du film c’est de voir que le jeu vidéo, loin d’être une fabrique à psychopathes comme certains peuvent le laisser croire, a été le ciment d’une équipe, qui a  exprimé dans ce film, malgré une intrigue trop convenue, une véritable passion. C’est ce qui rend le film entrainant malgré tout, et qui vous donne le sourire jusqu’aux oreilles quand vous voyez le générique de fin.

En bref, c’est un film très agréable à voir pour peu qu’on aime le jeu vidéo, et qui, loin de toutes les polémiques à ce propos (et d’ailleurs, pour en rigoler un peu, je vous conseille cet article de l’Odieux Connard ou un peu plus trash, cette petite vidéo) permet de rêver. C’est là le principal.

Août 062012
 

Une image, vous rigolez ? On ne voit que ça partout dans les rues, faut sortir un peu….

En général, quand on entend partout, crier sur tous les tons, en choeur et la bouche en coeur « Attention chef-d’oeuvre », je me fais du souci. Les avis trop consensuels, y’a une arnaque à tous les coups.

Non, je suis méchante, tout le monde n’a pas encensé ce film, il suffit d’aller faire un petit tour sur allociné pour s’en convaincre, Libé, Chronic’Art, entres autres, ont tranché avec la « dithyrambie » ambiante.  Plusieurs ont parlé de film « pompier », etc.

Bon, commençons par le commencement : alors, le film démarre sur les chapeaux de roue et nous balançant direct dans un vol secret de la CIA, qui embarque le Dr Pavel physicien nucléaire (à savoir, en Russie, et en Europe de l’Est, tous ont une prédisposition pour la physique nucléaire, si vous êtes Egyptien ou Chinois -ou d’une autre nationalité, hein, vous faites comme vous voulez- : ce n’est pas la peine d’essayer, il faut appartenir à l’ex-bloc soviétique, sinon ça ne marche pas ! ). Le problème que va rencontrer ce vol, c’est qu’il n’embarque pas que ce brave scientifique qui roule un peu trop les « r » pour être capitaliste pour être états-unien.  Au bout d’un suspens insoutenable qui dure un millionième de seconde, nous découvrons qu’il a une invité surprise en la personne de Bane ! Un abordage spectaculaire plus tard, nous atterrissons dans le manoir Wayne, ou presque. Là, aussi, surprise : notre Batman international vit reclus depuis 8 ans, et marche à l’aide d’une canne.  Je ne vous parle pas de la suite, qui est à peu près autant WTF pour un puriste que pour un néophyte. Ou plutôt non, comme dans le précédent volet, c’est à partir de la moitié que tout ça part vraiment en quenouille. The Dark Knight avait sa scène interminable avec les ferries, là aussi, vous aurez une scène interminable (mais pas avec des ferries, il faut bien changer)

Avant de continuer, alors oui, la version de Bane par Nolan est infiniment meilleure que la version de Bane par Schumacher, il n’y a pas photo ! mais, en même temps, à ce niveau-là, il n’a pas vraiment de mérite, à vaincre sans péril, tout ça… On peut cependant regretter que Tom Hardy n’ait pas vraiment la carrure. Et qu’il se soit senti obligé de la darkvadoriser à moitié (la voix a été clairement retravaillée, par exemple).

Parce que oui, Bane, en vrai, c’est plutôt ça :

Bane brisant son adversaireBane ou la kinésithérapie de l’extrême !

Oui, j’avoue, c’est difficile de trouver quelqu’un comme ça !

Jusque là, c’est chipotage. Je vais pas parler du traitement d’un certain nombre de personnages, à commencer celui joué par Marion Cotillard (dont l’interprétation  finale a été l’objet d’un gif)… Là, c’est un autre problème, les comics se contredisant parfois entre eux. Mais il y a quand deux-trois choses qui m’ont choquée, comme la révélation finale sur Bane, que je trouve débile et capillotractée à souhait, en plus d’aller totalement à l’encontre du comics Knightfall et Vengeance of Bane dont le film s’est inspiré. A ce niveau, j’ai trouvé que Nolan ne faisait pas honneur, ni aux personnages, ni à la trame générale.

Ce qui est plus gênant, c’est l’américanisme ambiant du film, le patriotisme et le prétendu bon sentiment dégoulinant, et vas-y que je te mets des plans du drapeau, et vas-y que je te colle l’hymne américain in extenso (même que le méchant il apprécie la voix du chanteur !), même que je te salue « la propriété est restaurée » , vas-y que je te glorifie les flics (dans cet opus, TOUS les ripoux ont disparu), voilà un film qui plairait à Guéant! et à 30 km de là, tu as une taule, juste à côté d’un village qui ressemble à un village yéménite.

L’action est souvent brouillonne, et toujours exagérée ! de la surenchère partout, des explosions en veux-tu, en voilà, et puis, pas des petites, mon bon monsieur/ ma bonne dame, des bien impressionnantes, qui vous ruinent un stade/ un pont / une rue / un avion, et la liste n’est pas exhaustive. Des morts, au moins par centaines (c’est le minimum syndical). Par contre, pas de blessés, à part deux personnages… le film est manichéen jusque là, soit mort, soit en bonne santé, pas entre les deux  ! (à part une feignasse qui passe les 3/4 du film au pieu). Et puis pourquoi faire des combats à un contre un quand on peut faire du 3000 contre 3000 ? Probablement la scène la plus marrante du film (et ce même avant la prestation de notre frenchie).

Le combat final entre Bane et Batman

La manifestation contre le CPE a dégénéré, le GIGN a demandé Batman en renfort.

Nous le voyons ici aux prises avec Bruno Julliard.

(j’aurais pu vous la faire aussi « C’est la luuutte-euh finaale »)

Le jeu d’acteurs est assez caricatural, on a épinglé Marion Cotillard, mais honnêtement, je pense qu’heureusement que Tom Hardy avait son masque, j’ai trouvé Catwoman pas forcément convaincante (surtout après Michelle Pfeiffer), Christian Bale s’est un peu engoncé dans son rôle, juste Morgan Freeman, toujours aussi bon ! Caine a offert une bonne prestation, mais sur un rôle qui ne le mettait malheureusement pas assez en valeur. Je pense qu’ils ont tous été mal dirigés. Et plus j’y repense plus je me dis que Heath Ledger, pour réussir à nous offrir une interprétation d’une telle qualité, a dû pas mal en faire à sa tête, tant le jeu d’acteurs de ce volet (et du précédent) est convenu.

Pourtant, j’ai aimé le film malgré tout, je sais pas pourquoi, j’avais mangé une pizza, y’avait peut-être trop de fromage dessus…j’étais peut-être trop occupée à digérer pour comprendre tout ça sur le coup.

Alors, oui, l’image est belle, c’est filmé en Imax, mais ça ne rattrape pas tout. Oui, la bande-son qui gueule assomme un peu (ça doit être le but) et empêche de trop réfléchir et prendre du recul. Oui, le film est parsemé de quelques petites répliques qui font mouche (merci Alfred et Lucius), et oui certaines scènes sont vraiment impressionnantes!

En bref, si vous voulez apprécier ce film, il faut manger une pizza avec plein de fromage avant!  ça doit marcher avec le hamburger ou le moules-frites aussi.

Allez, parce que ça faisait longtemps :

Un chaton affublé du masque de Bane

Mar 042012
 

Date de sortie : 21 février 2012
Editeur : Dark Horse

La couverture du livre : ils annoncent la couleur, il y a des choses concernant le 3.

Une semaine après la mise à disposition de la démo de ME 3 qui en a certainement laissé plus d’un songeur, Dark Horse sort un artbook récapitulatif, qui inclut quelques croquis/ rendus du 3. Attention aux spoilers, donc. Néanmoins, le livre est divisé en 3 sections : la première concernant Mass Effect, la seconde ME 2 et la troisième Mass Effect 5 3(c’était pour voir si vous suiviez). Pour ceux qui veulent garde la surprise entière, il leur suffit donc d’éviter soigneusement la dernière partie du volume (tout comme je vous conseille d’éviter de taper The art of the Mass Effect Universe sur Google images, car beaucoup de pages concernant le 3e épisode ont été scannées!).

La première chose qui marque est qu’il s’agit là d’un objet de très belle facture, la couverture est superbe, les impressions de très belle qualité sont bien mises en valeur par une mise en page, qui si elle est condensée, se fait aérée pour de belles illustrations. Le rapport qualité/prix est donc tout à fait honorable (j’ai eu le livre pour 30 euros). Les commentaires sont assez discrets (on est loin des artbooks japonais avec des tartines entières de commentaires), mais apportent quelque chose et sont intéressants.

Non, je ne vous mettrai rien concernant Mass Effect 3 !

Un autre artbook concernant Mass Effect 1 était déjà sorti chez Prima Games il y a quelques années, et l’on peut dire que les deux se complètent, quant au contenu concernant Mass Effect 1. Le bouquin de Prima Games est plus destiné aux fans « hardcore », puisque vous avez relativement peu de croquis de personnages, mais beaucoup de matière concernant le mobilier, les décors et les vaisseaux, alors que le contenu présenté dans le volume de Dark Horse est plus équilibré. Vous avez autant les travaux de concept de personnages, monstres que ceux des décors, des armes et les parties « mobilier » sont plus condensées. A ce titre, le volume de Dark Horse me parait préférable si on doit n’en acheter qu’un. Je préfère la présentation du second volume aussi, l’autre, à force d’être aérée faisait parfois un peu vide.

Deux bonnes raisons de l’acheter : il y a Saren et Garrus ! :love:

(à noter l’évolution du personnage de Saren par rapport aux croquis de base)

Un très bel objet donc, presque un incontournable, que je ne peux que vous conseiller d’acheter si vous êtes fan de la série (non, je ne touche pas de commission sur la vente).  Pour les autres, vous ne perdrez rien à le regarder si quelqu’un de votre entourage l’a en sa possession, de là à investir…

Fév 212012
 

Dans un monde saturé de couleurs coloré, il est un beau jour où Culcullapraline et Concommunbalai, fraîchement javellisés (à noter, les mogs sont comme les chats, attirés par l’eau de Javel, achetez un baril de Lacroix, vous en verrez plein débarquer chez vous) déboulent par le portail de Stargate, dans un monde nommé Cocoon, où le sol est au plafond. Ce n’est pas la seule chose qui soit à l’envers remarque. Comme ils ont été bien javellisés, la poussière dans laquelle ils ont roulé ne les a pas tachés, ils ont même nettoyé le sol en passant (mieux que Chuck Norris).

Sauf que voilà, nos swifferguys ont beau nettoyer par là où ils passent, ils se font agresser par une grosse main. Très grosse main. Trait d’esprit de Concommunbalai « Ce n’est pas pour nous serrer la main qu’elle est là! ». AH ! Flawless ! Non c’est pour te claquer le beignet et elle a bien raison, vu le niveau pitoyable de tes remarques.

Et voilà l’action.


Culcullapraline dégaine, ça va chier des bulles de Paic citron !

Ensuite vous enchaînez le « paramétrage » du combat et vous tapotez de temps en temps sur une touche parce que y’a un QTE pour australopithèque qui arrive.

Après vous gagnez, vous savez pas trop comment, mais vous avez gagné.

Après, vous arrêtez, ou si vous êtes masochiste, vous continuez à chercher le géant, mais moi j’ai arrêté, je tiens à rester un minimum intègre.

Un usage possible pour la version finale de FF XIII-2

ou sinon :

Vous le confiez à Marty, au moins ce jeu permettra à quelqu’un de s’éclater.

Fév 042012
 

Je me lance, parce que cette critique, à force d’être dans la marmite, va finir par avoir un goût de brûlé.

Paris, les années 30. Dans la gare Montparnasse, habite et survit, à l’insu de tous (même du gardien de la gare), un jeune orphelin, Hugo Cabret. Le petit garçon, tout en prenant grand soin de toutes les horloges, chaparde pour survivre, mais pas uniquement, puisqu’en plus de pains au chocolat et de bouteilles de lait, il lui arrive d' »emprunter » des jouets, pour en récupérer le mécanisme, dans un but obscur.
Un jour, le vendeur du magasin de jouets dans lequel Hugo s’approvisionne, et qui ne l’entend pas de cette façon, simule le sommeil pour prendre notre petit chapardeur sur le fait. Et en profite pour lui confisquer un carnet qui paraît être toute la fortune de l’orphelin. Mais c’était sans compter sur la ténacité du jeune Cabret, qui va tout faire pour le récupérer.

L'affiche du film

Hugo et les pendules : le thème principal de l'histoire ?

Et c’est ainsi qu’une véritable quête va commencer.

Le film de Martin Scorsese est l’adaptation du roman de littérature de jeunesse de Brian Selznick, L’invention de Hugo Cabret, mais c’est aussi et surtout un hommage (et quel hommage!) aux pionniers, que ce soit du cinéma, avec tout un système de référence aux frères Lumière, à Georges Méliès, dont l’oeuvre est un personnage du film à part entière, de la mécanique (je vous laisse découvrir en quoi), mais aussi à Paris, à la gare Montparnasse (elle aussi est un personnage à part entière)…

La distribution et le jeu des acteurs sont impeccables, l’humour est bien présent (avec des touches un peu décalées, façon Jeunet), l’image n’est pas trop proprette, avec une touche d’esthétique steampunk bien sentie. Le tout évidemment, admirablement filmé (mais est-il besoin de le dire? il s’agit de Scorsese, tout de même !!). L’histoire est touchante sans être mièvre, avec beaucoup d’humanité, et un savant dosage de suspense et d’action.

Un film qui n’est ni une comédie romantique planplan, ni un actioner décérébré qui nous prend pour des trépanés, ni un film pseudo-intellectuel susceptible d’inspirer une citation à BHL, mais un film sur l’apprentissage, l’ingéniosité, la volonté et l’amitié.

Une vraie bonne surprise, donc. J’achèterai le DVD / Blu-Ray, à coup sûr. Et je pense qu’à ce moment, je ferai une critique plus complète de ce film qui mérite amplement qu’on s’y attarde.

Fév 042012
 

Dessins et scénario : Marini

Le retour en force du peplum initié à la base par GLADIATOR (ouais, en capitales, ça pourrit les yeux, mais ça fait plus romain, d’abord!) fait des petits, tant au niveau des films (logique, j’aime faire de la tautologie, parfois), qu’au niveau des séries (Rome, Spartacus…) et finit par envahir la BD.

Deux gorilles pour le prix d'un ! c'est les soldes !

Les Aigles de Rome va donc traiter d’aigles et de Rome. …………… en fait non, je vous mène en bateau.

Mais pas complètement.

Oui, il sera question de Rome. Mais pour les aigles, vous verrez vous-mêmes !

Au début de l’histoire (et de l’Histoire), nous avons Valérius Falco et Arminius, deux gamins que tout oppose a priori mais qui vont devoir cohabiter, et s’entraider. Et pour cause, Arminius (ou Ermanamer) est envoyé par sa tribu, les Chérusques (faisant partie des Germains) comme otage à Rome pour y recevoir une éducation latine. Et cette éducation lui sera dispensée par…. le père de Falco. Le reste appartient à l’Histoire, si vous ne connaissez pas Arminius, et ne voulez pas vous spoiler l’histoire, ne googlisez pas Arminius (et là, à cet instant précis, je suis sûre que vous êtes sur la page Arminius de  wikipedia !)

Au niveau visuel, force est de reconnaître que Marini est un excellent dessinateur et coloriste, à part des proportions parfois un poil farfelues (nos héros sont parfois bien prognathes!!! on dirait du comics pour certaines choses), c’est magnifique, certains décors sont vraiment sublimes, l’ambiance de certaines cases est très bien trouvée, la mise en page est dynamique, tout est positif, à part le côté un peu péplum caricatural.

Peplum caricatural ? en fait, tout bonnement le « nouveau » peplum, qui se la joue très « adulte » façon 300, Spartacus (je me fais ma pub), avec la virilité exacerbée, les combats gores et sanguinolents et les scènes de fesses. Là où le bât blesse, c’est que le premier volume des aigles de Rome tient vraiment plus de Spartacus que de Rome, et c’est vraiment con. Nous avons donc une compilation de scènes de combat et de fesses afin de monter qu’on était en plein dans la décadence romaine (romain = décadent, c’est bien connu, sinon c’est plus Rome).

C’est donc avec une appréhension certaine que j’ai acheté le second tome, parce que le seske featuring le sang avec un cousin de Rahan et le neveu de « Un-Romain-archétypal-sauf-qu’il-a-des-zyeux-bleus », très peu pour moi. Je préfère mettre les 14 euros ailleurs (à ce propos, à la Fnac, c’est des voleurs, tous les tomes sont étiquetés à 13.95 euros et passent à 13.99 en caisse).

Falco est aussi dompteur de cheval !

Heureusement, c’était une bonne surprise qui m’attendait. en fait, l’histoire démarre vraiment au second tome, et donne l’impression que le premier était là pour appâter les chaland  avec des fesses et de l’hémoglobine. Limite, vous pouvez entamer direct avec le second tome, vous ne perdrez pas grand chose. Le troisième volume m’a confortée dans cette idée, et laisse augurer une suite à l’avenant.

En bref, une bonne BD, à découvrir, mais dont le premier tome n’est pas révélateur. Je ne vous conseille pas de vous arrêter à cette première impression.

Fév 042012
 

Ou Castlevania : Rondo of Blood, si vous préférez.

(ça doit donner un peu l’impression que je ne critique que des Castlevania…)

Pour une fois, ça ne sera pour en dire du mal. D’ailleurs, ce n’est pas possible de dire du mal d’un tel jeu. Ce jeu est une pure merveille vidéoludique.

Un Richter Belmont fringant orne la jaquette

Un Richter Belmont fringant orne la jaquette

Je vous l’accorde, la jaquette fait un peu datée aujourd’hui. Mais on s’en fout, mieux vaut un bon jeu avec une couverture kitsch qu’une daube avec une jolie image de promo (ne croyez pas que je vise un autre titre Konami, avec des artworks de Yoji Shinkawa).

D’ailleurs, Rondo of Blood est mieux qu’un bon jeu, c’est une perle. Prédécesseur direct de Symphony of the Night autant au niveau in game qu’au niveau des sorties respectives des deux jeux : RoB est sorti en 1993 et SOTN est sorti en 1997, et scénaristiquement parlant, l’épisode avec le ténébreux Alucard se passe 5 ans après celui avec notre Rambo tout de bleu vêtu. C’est un épisode charnière, qui fait très bien la transition entre les vieux Castlevania linéaires et ceux qui sortiront ensuite, plus axés RPG. Vous avez, théoriquement, 8 niveaux : un niveau 1 qui mène au 2, le 2 au 3 et ainsi de suite. A priori, c’est franchement linéaire, et ça ne change rien, sauf que non, il existe des passages secrets qui vous permettront d’aboutir à des niveaux bis, caractérisés par le prim. Et trouver tous ces passages secrets vous occupera déjà un bon bout de temps ! Mieux : le système bonne fin/ mauvaise fin est déjà mis en place (que l’on retrouvera dans d’autres épisodes), vous pouvez sauver, ou non, des otages de Dracula. A vous de voir.  Sans compter qu’il existe un autre personnage jouable, assez surprenant.

Voici pour le contenu.

Le contenant (oui, je la fais à l’envers, mais c’est pas grave).

Graphiquement, et sonorement c’est superbe. les sprites sont ahurissants de finesse, à tel point que certains (je dirai même beaucoup)  ennemis et autres sont réutilisés tels quels dans Symphony of the Night !! C’est la même chose pour certaines musiques. Les animations sont au même niveau, on a des background animés, des sprites souples. On n’est plus dans l’ère lourdaude / balai mal placé du Castlevania ! (miracle!) La jouabilité est réhaussée, le personnage répond au doigt et à l’oeil et très vif. Richter est gratifié d’un nouveau mouvement d’esquive (un salto arrière que ne dédaignerait pas Philippe Candeloro) mais il perd la capacité à faire tournicoter son fouet dans tous les sens (en même temps, c’est pas dramatique, d’une part, je me suis toujours demandé comment cela était seulement possible te d’autre part, on en avait une réelle utilité que très rarement)

Une durée de vie intéressante, des superbes graphismes, des belles musiques, que demander de plus ? Du challenge. et contrairement à Symphony of the Night qui n’en propose guère, Rondo of Blood, en propose, raisonnablement. Le jeu commence « tout en douceur » et vous offrira quelques affrontements mémorables, et , en même temps que deux personnages, vous propose deux niveau de difficulté, il est en effet nettement plus facile de finir le jeu avec le personnage bonus qu’avec Richter.

Un jeu à découvrir donc, ou à redécouvrir, pour les plus chanceux ! Il est très souvent comparé à super Castlevania IV, sorti quelques temps avant sur SNES. Honnêtement, je préfère celui-ci, plus dynamique (certains environnements sur SNES sont bof-bof) et plus péchu, mais il faut avouer que l’opus SNEs est super impressionnant aussi sur certains niveaux, avec l’utilisation du Mode7).