Mar 062013
 

Sortie : 30 janvier 2013
Réalisateur : Spielberg

Voilà un film pour lesquelles la presse spécialisée et les spectateurs n’ont pas tari d’éloges. Pour une fois que le public et les critiques sont au diapason, il me fallait aller voir ce dernier film de Spielberg, ce réalisateur qu’on ne présente plus. Encore bouleversé par Amistad que j’avais été voir lors de sa sortie en 1997, je me disais que ce long métrage devait avoir cette résonance à la fois onirique et dramatique, mais surtout qui tient le spectateur en haleine. Si en effet devant les premiers moments passés au fond de mon siège Lincoln m’a ébloui, je dois dire que la suite du film m’a quelque peu déçu.

Les points forts du film qui ont déjà été recensés sur Internet, sont réellement les éléments porteurs du film. D’abord, Daniel Day Lewis incarne son personnage avec une telle force qu’à aucun moment le spectateur ne doute de se trouver en face du personnage. Les autres acteurs du film, tous du même cru interprètent leur rôle avec cette même ferveur réellement étonnante. A cela s’ajoute une photographie de toute beauté, une mise en scène bluffante sans être spectaculaire, elle est au contraire à la fois intimiste et pudique. En somme, oui le film possède une aura qu’on ne retrouve que peu aujourd’hui.

Mais, car il y en a un, et un gros. Si le film soutient un propos des plus nobles : l’abolition de l’esclavage, j’ai trouvé le traitement de celui-ci assez peu subtil. Au risque de révéler un peu de l’intrigue, je résumerais le scénario ainsi : c’est l’histoire du cabinet de Lincoln qui magouille dans son coin à débaucher les démocrates afin qu’ils lui offrent les quelques voix manquantes à l’adoption du XIIIe amendement. Bref, il n’y aura donc aucune surprise dès l’instant où  la résolution du Président est prise et ce, jusqu’à la fin puisque nous la connaissons tous. Nous assistons donc pendant les deux tiers du films à une énumération de ces députés et aux méthodes employées pour les corrompre. Si au début le spectateur se prend au jeu, il finit vite par s’endormir dans son siège beaucoup trop confortable pour le maintenir éveillé.

A cela s’ajoute le caractère quelque peu sibyllin des dialogues. Lincoln focalise l’attention, mais il n’est pas le seul a adopter le style verbeux et monocorde qui lui est propre. Entre quelques digressions très éloignées du propos de la discussion, le Président pique une colère puis adoucit son ton d’une boutade qui permet de s’adjuger l’adhésion de ses auditeurs. Si Lincoln a pu en public user de ce genre de rhétorique on a du mal à croire que c’était là sa seule façon de s’exprimer. La répétition de ce procédé verbal n’offre aucune surprise et finit par lasser le spectateur qui devine à l’avance les minutes qu’il va regarder.

Le caractère nombriliste du film ajoute à cette ambiance qui finit par rebuter. Nulle mention n’est faite en effet de l’abolition de l’esclavage en Europe, ce qui trompe le spectateur en hissant à l’universel une date certes majeure de l’histoire états-unienne mais qu’il eut été plus sincère de replacer dans un contexte plus global. Lincoln apparait comme un film a la fois brillant et à la fois trop facile, trop évident pour réellement ébranler le spectateur, dommage.

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Jan 212013
 

Date de Sortie : 5 décembre 2012
Réalisateur : Rich Moore
Licence : Disney

Un beau soir de novembre 2012, Fix-it Felix, héros du jeu d’arcade éponyme, fête ses 30 ans, au lieu d’aller vite se trouver un bunker disponible par rapport au 21 décembre. Il y en a qui n’ont vraiment aucun sens commun. Cette petite sauterie agace Ralph La Casse, non pas qu’il croie particulièrement au calendrier maya ou qu’il n’aime pas le travail de DJ de Skrillex, mais plutôt parce qu’il n’y est pas invité, lui, alors qu’il fait partie aussi du jeu Fix it Felix, c’est donc ses 30 ans à lui aussi, se dit-il, c’est trop injuste. Sauf que voilà, Monsieur La Casse, c’est le méchant du jeu, alors il est persona non grata. Tant pis, après tout notre bonhomme fait 6 fois la taille du videur, il y va donc tel un deinotherium dans une boutique Swarovski. Et évidemment, se fait accueillir plutôt fraîchement. Et évidemment, casse un peu tout (il ne s’appelle pas La Casse pour rien).

Alors lui apparaît l’évidence : pour pouvoir manger du gâteau et des petits fours avec Félix, Pac-Man et Sonic : il faut qu’il obtienne une médaille.

S’ensuit donc la quête de la médaille au cours de laquelle Ralph découvrira avec plus ou moins de bonheur d’autres univers vidéoludiques, de l’univers très alienisé de Hero’S Duty à celui très sucré et coloré de Sugar Rush. Autant d’hommages à des genres très divers de jeu vidéo.

Ralph au milieu des Méchants anonymes

Une réunion de Méchants Anonymes

Car le film se construit dans son intégralité comme un gigantesque hommage au jeu vidéo, que ce soit FPS (Hero’s Duty), arcade à l’ancienne (Pac-Man, Tapper, etc.) ou autre, et est bourré de clins d’œil : caméo, citations, apparitions d’objets… Les animations ont quelque chose des sprites oldies. Même l’OST sent son retrogaming, c’est vraiment un film fait par des fans. Et à ce titre, c’est vraiment agréable, je ne suis pas du tout d’accord avec le « Toy Story bis et raté » des Inrockuptibles. Parce que le fait qu’un film traite de jeu n’en fait pas une repompe de Toy Story forcément. Sinon, Les Mondes de Ralph est aussi une repompe de Megamind, de Moi, Moche et Méchant, parce que c’est l’histoire d’un bad guy qui devient tout sympa. Mais bon, il suffit de lire la critique en question pour se faire une idée !

En soi, l’intrigue n’est pas extraordinaire : Ralph, dans sa quête de la médaille, va atterrir dans le monde très mielleux (en apparence) de Sugar Rush, et y faire la connaissance de la petite (et a priori insupportable) Vanellope. Alors, oui, évidemment, il y a les moments guimauve (ça tombe bien, on est dans Sugar Rush) et planplan, et évidemment, film américain oblige, il y a l’inévitable moment d’abnégation et héroïsme, avec une belle morale un poil dégoulinante, mais vraiment, ce n’est pas ce que je retiendrai du film. L’humour plutôt pas mal trouvé sauve un peu, mais ce n’est pas l’élément principal. Ce qui est marquant, et qui donne le sourire tout le long du film c’est de voir que le jeu vidéo, loin d’être une fabrique à psychopathes comme certains peuvent le laisser croire, a été le ciment d’une équipe, qui a  exprimé dans ce film, malgré une intrigue trop convenue, une véritable passion. C’est ce qui rend le film entrainant malgré tout, et qui vous donne le sourire jusqu’aux oreilles quand vous voyez le générique de fin.

En bref, c’est un film très agréable à voir pour peu qu’on aime le jeu vidéo, et qui, loin de toutes les polémiques à ce propos (et d’ailleurs, pour en rigoler un peu, je vous conseille cet article de l’Odieux Connard ou un peu plus trash, cette petite vidéo) permet de rêver. C’est là le principal.

Août 142012
 

Production : UTV Studios
Distribution : Disney
Directeur : Arnab Chaudhuri
Producteur : Siddharth Roy Kapur
Sortie (inde) : 25 Mai 2012

On ne l’espérais plus, ce film a tellement fait attendre ses fans qu’on se demandait s’il allait enfin voir le jour. Mais le voici, et je l’ai même raté de plusieurs mois ! Le film est déjà disponible en DVD en Inde, mais aucune date de distribution n’est à l’ordre du jour dans nos latitudes (et si, depuis cet article, il est sortie en février 2015 !). Pourtant, après un long silence, on découvre que Walt Disney fait parti de l’aventure. Il semblerait que le géant américain, coutumier de patronner l’animation indienne après notamment Road Side Romeo se soit intéressé de près à ce projet d’envergure. C’est ainsi qu’en février de cette année, la firme américaine à racheté (pour plus de 360 millions de dollars) le studio de cinéma UTV qui a à son actif de nombreux blockbuster. Déjà en 2006, Walt Disney possédait 14,9% du studio de Mumbai. Il est un fait que la bataille fait rage entre les investisseurs occidentaux pour gagner des parts de marché dans ce pays où l’économie des médias est florissante et apporte une richesse incontournables au niveau international. A l’heure actuelle, la compagnie deviendra The Walt Disney Co. India. Pour le studio de cinéma indien, devenir une branche de Disney est le meilleur moyen de percer sur le marché mondial et non plus comme simple sous-traitant. C’est aussi pour le public occidental une garantie d’une certaine qualité. Le film La fée Clochette, a prouvé, dans l’ombre, que l’Inde recelait de grands animateurs. C’est maintenant dans la lumière que ce film perce.

La maitrise des couleurs et des ombres font de Arjun le plus beau film d’animation indienne.

Il reste dommage que le film n’est pas été achevé en restant 100% indien. Il est pourtant évident que Disney n’y a contribué que de loin, comme contrôleur qualité. Porté par un studio de cinéma, Arjuna le prince guerrier est au delà de tous les précédents projets du pays. Doté d’un budget de plus de 500 000$, et conçu dès son origine avec une direction artistique innovante. En effet, le directeur Arnab Chaudhuri avait orienté son film dès le début en s’inspirant de l’univers Anim/Manga qu’il considère plus propre à représenter les caractéristiques d’un film mature. Exit donc le style cartoon propre aux productions indiennes, place à un univers visuel dominé par la couleur, les ombres et les perspectives. Exit aussi les chansons Bollywood qui font les délices d’un public préférant les productions plus légères. Le scénario, inspiré de la longue fresque du Mahâbhârata sort enfin des sentiers battu du Râmâyana. Après Eklavya, Arjuna va offrir une intrigue plus complexe et plus dense propre à intéressé un public adulte occidental.

Le destin des personnages du Mahâbhârata sont aussi tragique que moderne.

Avant de nous pencher sur l’histoire, disons quelques mots sur les qualités visuelles du films. Enfin, enfin, l’Inde porte un projet ambitieux, loin des querelles des studios d’animations où chacun a à cœur d’offrir sa version du Ramayana, ici UTV fait cavalier seul et réfléchi avant tout à offrir, plus qu’une morale religieuse, des émotions au spectateurs. A ce propos, Krishna qui fera plusieurs apparition est vue comme il l’est décrit dans l’épopée : c’est un roi et non un dieu. Le film est dessiné dans une sorte de cell shading  : l’univers est en 3D mais donne cette impression de film animé traditionnel. Les décors sont plus traditionnels, on regrette cependant certaines incrustations vidéo des moins heureuses. Le chara-dessign est excellent et ne varie jamais d’un ton : pas de disproportion des personnages (sauf hélas avec quelques animaux comme on l’avait vu à l’époque dans Aladdin). L’animation est d’une grande fluidité, mais parfois trop rapide (notamment lors des travellings) : c’est un vrai plaisir que de voir chaque doigt animé, de voir bouger la queue d’une vache et aussi de découvrir des personnages non figés etc. Malgré tout, on a quelques fois le sentiment que les personnages sont mal insérés dans leur décor. Les animations de foules sont, par contre, impressionnantes. Il y a donc de la très grande animation qui côtoie des séquences plus décevantes (rappelons que la série Krishna était impeccable à ce niveau là, mais moins ambitieuse). Les nombreuses scènes de combats, inspirées des arts-martiaux indiens comme le Kalaripayattu et le Thang-Ta sont impressionnantes par leur qualités, et disons le, inédite en animation. L’ensemble reste très agréable et d’un haut niveau.

Dans les scène de foule, chaque personnage est animé. Chacun ayant, en plus, des traits bien distincts.

L’histoire de ce film ce passe avant la grande bataille racontée au centre de l’épopée. Dans Arjun The warior Prince, il s’agit avant tout de dévoiler les raisons de cette grande tragédie future qui réside dans cette guerre fratricide qui décidera du sort de milliers de guerriers. L’histoire commence dans l’ermitage de Drona, la scène n’est pas sans rappelé les références d’une série comme Spartacus. Les 5 pandava-s sont amenés auprès du maitre afin de bénéficier de son entrainement, à l’instar de leur 100 cousins les Kaurava-s. L’inimitié entre les deux familles est déjà transparente mais les vertus des 5 fils de Pandu brillent parmi les nombreux élèves de Drona. L’un plus que les autres, Arjuna. Duryodhana est le Kaurava le moins prévenant envers ses cousins. La scène de la course de char, en plus de montrer tout le talent des animateurs, permet de mettre en exergue cette inimité. On découvre également la fraternité sans failles des 5 héros et leurs grandes probités qui les distinguent de leurs cousins. Dhritarastra, règne sur le royaume prospère et vertueux de Pandu, son demi frère. Cependant, la succession est désormais ouverte et le vieux roi doit choisir comment répartir son empire entre son fils, Duryodhana et ses neveux, les 5 Pandava-s. Le monarque partage son royaume entre les deux branches cousines, ce qui n’est pas au gout de l’ombrageux Duryodhana qui va tout faire pour récupérer l’héritage des panduides.

Les architectures sont également de très grande qualité.

En puisant ses références claire à Ben-Hur, où à des productions plus récentes comme Spartacus ou Rome, le film s’inscrit dans une dramaturgie aux mécanismes classiques, ce qui permet au public occidental de se raccrocher à un référentiel connu. Pour autant, par certains moments, les choix et les actions des personnages n’apparaitra pas aussi claire aux spectateurs peu familier avec cette culture. Peut-être certains éclaircissements auraient étés nécessaire pour rendre la lecture du film plus aisé. Quoi qu’il en soit, malgré ses défauts, le film est assez riche et divertissant pour intéresser le spectateur français. Si vous appréciez les histoires héroïques, le ton dramatiques de l’action, les aventures de guerriers qui défendent leur honneur et la justice ; si vous êtes allergiques aux chansons Bollywood et au histoires frivoles, alors aucun doute, Arjun, the warior prince est un film à voir. Doté d’une réalisation qu’on espérait plus et d’une mise en scène très hollywoodienne, le film de UTV Studios/The Walt Disney Co. India s’en sort avec les honneurs !

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Pour aller plus loin :

http://www.livemint.com/2012/02/01230230/Walt-Disney-acquires-controlli.html

http://www.telegraphindia.com/1120516/jsp/entertainment/story_15491833.jsp#.UCYs_FIVLkd

Août 062012
 

Une image, vous rigolez ? On ne voit que ça partout dans les rues, faut sortir un peu….

En général, quand on entend partout, crier sur tous les tons, en choeur et la bouche en coeur « Attention chef-d’oeuvre », je me fais du souci. Les avis trop consensuels, y’a une arnaque à tous les coups.

Non, je suis méchante, tout le monde n’a pas encensé ce film, il suffit d’aller faire un petit tour sur allociné pour s’en convaincre, Libé, Chronic’Art, entres autres, ont tranché avec la « dithyrambie » ambiante.  Plusieurs ont parlé de film « pompier », etc.

Bon, commençons par le commencement : alors, le film démarre sur les chapeaux de roue et nous balançant direct dans un vol secret de la CIA, qui embarque le Dr Pavel physicien nucléaire (à savoir, en Russie, et en Europe de l’Est, tous ont une prédisposition pour la physique nucléaire, si vous êtes Egyptien ou Chinois -ou d’une autre nationalité, hein, vous faites comme vous voulez- : ce n’est pas la peine d’essayer, il faut appartenir à l’ex-bloc soviétique, sinon ça ne marche pas ! ). Le problème que va rencontrer ce vol, c’est qu’il n’embarque pas que ce brave scientifique qui roule un peu trop les « r » pour être capitaliste pour être états-unien.  Au bout d’un suspens insoutenable qui dure un millionième de seconde, nous découvrons qu’il a une invité surprise en la personne de Bane ! Un abordage spectaculaire plus tard, nous atterrissons dans le manoir Wayne, ou presque. Là, aussi, surprise : notre Batman international vit reclus depuis 8 ans, et marche à l’aide d’une canne.  Je ne vous parle pas de la suite, qui est à peu près autant WTF pour un puriste que pour un néophyte. Ou plutôt non, comme dans le précédent volet, c’est à partir de la moitié que tout ça part vraiment en quenouille. The Dark Knight avait sa scène interminable avec les ferries, là aussi, vous aurez une scène interminable (mais pas avec des ferries, il faut bien changer)

Avant de continuer, alors oui, la version de Bane par Nolan est infiniment meilleure que la version de Bane par Schumacher, il n’y a pas photo ! mais, en même temps, à ce niveau-là, il n’a pas vraiment de mérite, à vaincre sans péril, tout ça… On peut cependant regretter que Tom Hardy n’ait pas vraiment la carrure. Et qu’il se soit senti obligé de la darkvadoriser à moitié (la voix a été clairement retravaillée, par exemple).

Parce que oui, Bane, en vrai, c’est plutôt ça :

Bane brisant son adversaireBane ou la kinésithérapie de l’extrême !

Oui, j’avoue, c’est difficile de trouver quelqu’un comme ça !

Jusque là, c’est chipotage. Je vais pas parler du traitement d’un certain nombre de personnages, à commencer celui joué par Marion Cotillard (dont l’interprétation  finale a été l’objet d’un gif)… Là, c’est un autre problème, les comics se contredisant parfois entre eux. Mais il y a quand deux-trois choses qui m’ont choquée, comme la révélation finale sur Bane, que je trouve débile et capillotractée à souhait, en plus d’aller totalement à l’encontre du comics Knightfall et Vengeance of Bane dont le film s’est inspiré. A ce niveau, j’ai trouvé que Nolan ne faisait pas honneur, ni aux personnages, ni à la trame générale.

Ce qui est plus gênant, c’est l’américanisme ambiant du film, le patriotisme et le prétendu bon sentiment dégoulinant, et vas-y que je te mets des plans du drapeau, et vas-y que je te colle l’hymne américain in extenso (même que le méchant il apprécie la voix du chanteur !), même que je te salue « la propriété est restaurée » , vas-y que je te glorifie les flics (dans cet opus, TOUS les ripoux ont disparu), voilà un film qui plairait à Guéant! et à 30 km de là, tu as une taule, juste à côté d’un village qui ressemble à un village yéménite.

L’action est souvent brouillonne, et toujours exagérée ! de la surenchère partout, des explosions en veux-tu, en voilà, et puis, pas des petites, mon bon monsieur/ ma bonne dame, des bien impressionnantes, qui vous ruinent un stade/ un pont / une rue / un avion, et la liste n’est pas exhaustive. Des morts, au moins par centaines (c’est le minimum syndical). Par contre, pas de blessés, à part deux personnages… le film est manichéen jusque là, soit mort, soit en bonne santé, pas entre les deux  ! (à part une feignasse qui passe les 3/4 du film au pieu). Et puis pourquoi faire des combats à un contre un quand on peut faire du 3000 contre 3000 ? Probablement la scène la plus marrante du film (et ce même avant la prestation de notre frenchie).

Le combat final entre Bane et Batman

La manifestation contre le CPE a dégénéré, le GIGN a demandé Batman en renfort.

Nous le voyons ici aux prises avec Bruno Julliard.

(j’aurais pu vous la faire aussi « C’est la luuutte-euh finaale »)

Le jeu d’acteurs est assez caricatural, on a épinglé Marion Cotillard, mais honnêtement, je pense qu’heureusement que Tom Hardy avait son masque, j’ai trouvé Catwoman pas forcément convaincante (surtout après Michelle Pfeiffer), Christian Bale s’est un peu engoncé dans son rôle, juste Morgan Freeman, toujours aussi bon ! Caine a offert une bonne prestation, mais sur un rôle qui ne le mettait malheureusement pas assez en valeur. Je pense qu’ils ont tous été mal dirigés. Et plus j’y repense plus je me dis que Heath Ledger, pour réussir à nous offrir une interprétation d’une telle qualité, a dû pas mal en faire à sa tête, tant le jeu d’acteurs de ce volet (et du précédent) est convenu.

Pourtant, j’ai aimé le film malgré tout, je sais pas pourquoi, j’avais mangé une pizza, y’avait peut-être trop de fromage dessus…j’étais peut-être trop occupée à digérer pour comprendre tout ça sur le coup.

Alors, oui, l’image est belle, c’est filmé en Imax, mais ça ne rattrape pas tout. Oui, la bande-son qui gueule assomme un peu (ça doit être le but) et empêche de trop réfléchir et prendre du recul. Oui, le film est parsemé de quelques petites répliques qui font mouche (merci Alfred et Lucius), et oui certaines scènes sont vraiment impressionnantes!

En bref, si vous voulez apprécier ce film, il faut manger une pizza avec plein de fromage avant!  ça doit marcher avec le hamburger ou le moules-frites aussi.

Allez, parce que ça faisait longtemps :

Un chaton affublé du masque de Bane

Juil 052012
 

Sortie : 30 mai 2012
Réalisateur : Ridley Scott

Qui ne s’est jamais posé de question en regardant l’un des opus de la saga culte Alien ? Mais d’où viennent ces bêbettes ? par exemple. Ridley Scott, papa artistique du monstre, enfin pas tout à fait, disons que c’est son concepteur, car c’est bien à l’artiste Giger que nous devons la créature fantastique. Bref, je disais donc, Ridley Scott a eu l’idée de vouloir jeter enfin le voile sur les questions mystérieuses que tout fan se posait. Était-ce une bonne idée ? Pas sûr, puisque chacun, depuis le premier Alien a, dans sa petite tête, déjà imaginé plusieurs réponses. Imposer alors au fan UNE réponse semble alors un pari plutôt risqué.

En matière de science-fiction, les américains parviennent vraiment à nous dépayser.

Le film qui relate des évènements antérieur va devoir pourtant composer avec les technologies numériques en matière d’effet spéciaux. Là où l’on craignait un syndrome à la Star Wars (genre R2 équipé de fusée pour se déplacer alors qu’il n’en a jamais après), Prometheus a su faire preuve de mesure et d’intelligence pour éviter ce genre d’incohérence. C’est ainsi qu’on découvre la génération antérieur d’androïde avec un certain plaisir. Les caissons de cryostase sont également plus rudimentaires. Bref, le fan de science-fiction se régale du savoir-faire du réalisateur qui a su tirer partie de la saga pour offrir, dans la continuité, le même univers technologique.

On retrouve l’ambiance claustrophobique propre à Alien

Là ou l’enthousiasme retombe, c’est quand on découvre les chevilles scénaristiques fumeuses qui ont été employé pour que Prometheus se face le relais des théories de Chariots of God? le livre d’Erick Von Däniken écrit dans les années 60. C’est quoi ce livre ? C’est le livre à l’origine de la théorie selon laquelle l’homme descendrait des ET… Vous gloussez ? Hélas, c’est bien ce prétexte qui va pousser une équipe de scientifiques à partir explorer l’espace vers une planète que, accrochez-vous bien, nos parents troglodytes ont répertoriés. Bref, c’est là que nos compères vont atterrir, sur une planète ressemblant étrangement aux champs de Nasca. Et sans même faire un repère de l’endroit, comme des mouches découvrant un gros étr… ils vont immédiatement se poser prêt d’un tumulus des plus étranges.

Bref, alors le film est assez mou, et n’a rien de réellement angoissant. Ici le propos est de nous faire découvrir un univers en détail plutôt que de nous faire sursauter. La photo est élégante, la technologie futuriste dès plus agréable et fascinante mais l’histoire est aussi transparente que la salive d’un Alien. En somme, nous nageons ici dans le déjà-vu, et n’attendons aucune surprise particulière. Quant à la réponse à la question d’où vient l’Alien, certain diront qu’elle détruit le mythe, d’autre qu’elle était évidente. Chacun se fera son opinion. Un film agréable mais loin d’être excellent.

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Fév 042012
 

Je me lance, parce que cette critique, à force d’être dans la marmite, va finir par avoir un goût de brûlé.

Paris, les années 30. Dans la gare Montparnasse, habite et survit, à l’insu de tous (même du gardien de la gare), un jeune orphelin, Hugo Cabret. Le petit garçon, tout en prenant grand soin de toutes les horloges, chaparde pour survivre, mais pas uniquement, puisqu’en plus de pains au chocolat et de bouteilles de lait, il lui arrive d' »emprunter » des jouets, pour en récupérer le mécanisme, dans un but obscur.
Un jour, le vendeur du magasin de jouets dans lequel Hugo s’approvisionne, et qui ne l’entend pas de cette façon, simule le sommeil pour prendre notre petit chapardeur sur le fait. Et en profite pour lui confisquer un carnet qui paraît être toute la fortune de l’orphelin. Mais c’était sans compter sur la ténacité du jeune Cabret, qui va tout faire pour le récupérer.

L'affiche du film

Hugo et les pendules : le thème principal de l'histoire ?

Et c’est ainsi qu’une véritable quête va commencer.

Le film de Martin Scorsese est l’adaptation du roman de littérature de jeunesse de Brian Selznick, L’invention de Hugo Cabret, mais c’est aussi et surtout un hommage (et quel hommage!) aux pionniers, que ce soit du cinéma, avec tout un système de référence aux frères Lumière, à Georges Méliès, dont l’oeuvre est un personnage du film à part entière, de la mécanique (je vous laisse découvrir en quoi), mais aussi à Paris, à la gare Montparnasse (elle aussi est un personnage à part entière)…

La distribution et le jeu des acteurs sont impeccables, l’humour est bien présent (avec des touches un peu décalées, façon Jeunet), l’image n’est pas trop proprette, avec une touche d’esthétique steampunk bien sentie. Le tout évidemment, admirablement filmé (mais est-il besoin de le dire? il s’agit de Scorsese, tout de même !!). L’histoire est touchante sans être mièvre, avec beaucoup d’humanité, et un savant dosage de suspense et d’action.

Un film qui n’est ni une comédie romantique planplan, ni un actioner décérébré qui nous prend pour des trépanés, ni un film pseudo-intellectuel susceptible d’inspirer une citation à BHL, mais un film sur l’apprentissage, l’ingéniosité, la volonté et l’amitié.

Une vraie bonne surprise, donc. J’achèterai le DVD / Blu-Ray, à coup sûr. Et je pense qu’à ce moment, je ferai une critique plus complète de ce film qui mérite amplement qu’on s’y attarde.

Jan 032012
 

Sortie ciné : 12 janvier 2011
Réalisation : Hiromasa Yonebayashi
Production : Ghibli

Je ne voulais absolument pas manquer la sortie en Blu-ray d’un film aussi fascinant qu’Arrietty. On collectionent les Dvd Ghibli à la maison, c’était l’occasion rêvée d’essayer un Blu-ray Buena Vista. Pourquoi ? Parcequ’ Arrietty m’a subjugué au cinéma : enfin je retrouvais les Ghibli qui m’avaient tant marqué ! Voici ni plus, ni moins l’un des meilleurs films produit par la société japonaise. A la réalisation on découvre Hiromasa Yonebayashi qui pour son premier film a enregistré le record de 7,5 millions d’entrées dans l’Archipel ! Il est vrai que Miyazaki, le père, a depuis une dizaine d’année tendance à tourner en rond et son fils est loin d’être le talentueux génie qu’on l’on pouvait attendre. Alors verrait-on émerger avec Arrietty un nouveau grand nom de l’Animation Japonaise ? Assez de blabla et venant en au fait.

Sorti en octobre 1998 au USA, le film « Le petit monde des Borrowers » narrait l’histoire d’une famille de lilliputiens vivant dans la maison d’une seconde famille bien humaine. La fille de chapardeurs portait le même nom que notre héroïne. Je ne peux vous en dire plus, à noter qu’il sera diffuser sur Sifi le 07 janvier. Pour ceux qui ont la chaine, c’est l’occasion ! Sachez cependant que les deux films sont des adaptations d’un roman anglais pour la jeunesse  » Les chapardeurs » écrit par Mary Norton en 1952. Voilà pour les curieux.

Arrietty aime l’aventure, sa chambre est à son image.

Venons-en au film. Arrietty vous propose de suivre l’histoire de deux personnages bien différents. Sho est un jeune garçon qui vient emménager à la campagne, chez sa tante, afin de se reposer en vue d’une futur opération. De l’autre coté, au niveau des orteils de Sho, ce trouve une toute petite jeune fille de 13 ans qui répond au nom d’Arrietty. Il a suffit d’un bref instant pour que notre jeune malade soupçonne la présence d’un petit être féminin vagabondant entre les fleurs du jardin. On suit donc la vie de ces deux jeunes gens qui vont à terme ne plus pouvoir s’ignorer l’un l’autre. On sera charmer de découvrir l’ingéniosité de ces petits êtres qui utilisent avec débrouillardise ce que nous avons l’habitude d’oublier ou de jeter. Un simple morceau de sucre faisant le bonheur de toute une famille pendant plusieurs mois. La curiosité gagnant nos deux jeunes protagonistes, ils domineront leurs craintes comme leur impatience pour se découvrir l’un l’autre avec la plus grande réserve, jusqu’au moment où chacun devra offrir à l’autre un secours à sa mesure.

Sho malade est un personnage un rêveur qui cache un tempérament très doux.

Le réalisateur nous raconte cette délicieuse histoire en jouant sur ces deux point de vue radicalement différent. Comment est perçu le monde par des créatures confrontées à la dangereuse vie de l’extérieur, peuplée d’animaux gigantesques comme les corbeaux ou les chats. Et de l’autre coté, le point de vue des humains qui soupçonnent ou espèrent bien qu’il existe tout prêt d’eux des êtres semblables , mais bien fragiles et minuscules.

Le film nous transportera dans un monde ou le rêve est tellement proche de la réalité, ou l’hymne à la nature s’efface devant la fragilité de la vie et la beauté des sentiments humains. On veut croire à chaque moment de l’histoire qu’une vie en symbiose est possible entre ces êtres radicalement différents. Sans être moralisateur, ni même juger les faiblesses du cœur des hommes, Hiromasa Yonebayashi, nous livre avec détachement une vision du quotidien des plus charmants.

Les humains même par simple curiosité peuvent bouleverser sans le vouloir la vie des êtres qui dépendent d’eux.

On lit sur le Web francophone que ce film est loin d’être d’être un grand Ghibli, le cahiers des charges Miyazaki étant mis de coté, on le considérée alors comme un égarement du Studio. Pourtant, intelligent et riche, Arrietty a de quoi charmer et surprendre. Loin des clichés du genre, et sortant enfin des sentiers balisés par Miyazaki, Arrietty n’en conserve que la sacro-sainte héroïne au caractère bien trempé mais gracieusement positive. Pas de créatures fantastiques, pas de romance centrale ni même de message ostentatoire. Pour autant, par ses propres moyens, Arrietty demeurera un grands moment.

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Déc 112011
 

Production : Fountain Pixel
Réalisation : Abhijeet Nene

A défaut de vous présenter enfin Arjun the warior prince, je me rabat sur une production de moindre envergure, à savoir Eklavya l’invincible. Rassurez-vous, ce choix par défaut n’est pas non plus dénué d’intérêt. Eklavya reste un film d’une qualité technique assez moyenne : l’animation manque de fluidité, le dessin est très inégal et pas très original. On ne touche pas le fond, mais d’emblée, on comprend que ce film ne fera pas avancé le niveau de l’animation indienne, au contraire.

Eklavya tient par deux éléments porteurs : l’histoire du film est innovante (enfin un film qui ne narre pas encore et toujours les aventures de Rama). Et cette intrigue est même assez passionnante. On regrette certaines longueurs puériles et largement inutiles, mais n’oublions pas qu’Eklavya s’adresse avant tout aux enfants. Le film raconte comment le jeune prince Eklavya, en accord avec ses parents, va chercher à perfectionner sa maitrise de l’arc en partant à la recherche du maître des pandavas, Dronacharia ou Drona. Ce dernier le refuse comme élève puisqu’il ne peut enseigner à une caste inférieur (Eklavya est le prince d’une tribu), mais en retour, il lui offre sa bénédiction. Malgré une période de doute et de frustration due à la sévérité de la réponse du maitre d’armes, Eklavya fini par s’en satisfaire et heureux de sa bénédiction, façonne une idole à son image et sous le regard de son maître, perfectionne seul son art.

Drona remarquera la supériorité d’Eklavya sur Arjuna. Mais pour que s’accomplisse le Dharma d’Arjuna, il demande alors le pouce droit à Eklvaya en guise de rétribution comme maître. Eklavya s’exécute. Le conte s’arrête ici, mais le film pousse plus loin l’intrigue, Eklavya continue son entrainement malgré son handicap et retourne ensuite chez ses parents accomplir de grands exploits… A ce scénario captivant, s’ajoute une ambiance musicale très soignée comme bon nombreux de films animés indiens. Il reste néanmoins décevant de constater qu’avec un tel sujet, Eklavya aurait mérité d’être beaucoup plus technique. La durée du film aurait gagné à être raccourci à cet effet.

Sous son aspect enfantin, ce film d’animation soulève des questions sur le devoir des individus en proposant ici un héros irréprochable, probe au possible mais qui devra vivre dans l’ombre d’Arjuna. D’autre part il renvoi les mythologues sur des questions fondamentales de moral et de justice : Drona avait-il le droit d’exiger un pouce à Eklavya ? Le Dharma d’Arjuna ne pouvait-il s’accomplir sans cet acte ?

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Nov 222011
 
réalisateur : Takashi Yamazaki
année de sortie dvd français : 2011
C’est cliché ? Non c’est Space Battleship !

Voilà quelque mois ou j’errais à la Fnac ou au Virgin (allez savoir ?) je tombe sur la pub tapageur de ce long-métrage plein de promesse : un star wars à la sauce japonaise. J’aurais pu trembler en repensant à Son Kukaï, mais les images de combats du trailers étaient si parfaites, le frustration de n’avoir, en dehors des Star Wars, aucun film du genre m’a fait penser le contraire. Et si j’avais su que le film était tiré d’une histoire du papa d’Albator, mâitre Matsumoto, j’aurais craqué sans réfléchir. Je n’ai donc pas acquis le film en temps et en heures, fort heureusement…

Il y a dans ce film des scènes plutôt bien foutues quand même…

En effet, ce film est une véritable douche-froide, une claque qui sens la nanardise à 1000 mètres ! D’emblé le scénario est loin d’égaler celui d’Albator et ne possède pas le charme de Guns Frontier. Il est vrai qu’en France, à part ces quelques séries et Galaxie express et Railways on ne connait pas grand chose de l’oeuvre de Leiji Matsumoto. Certain ont encore un vague souvenir de l’oiseau bleu qu’il avait charadessigné, mais ce ne sont là qu’une infime partie de son travail. Est-ce à dire que Space battle ship soit à la hauteur de l’oeuvre originale, il est difficle de le savoir à cause du manque de lissibilité de Matsumoto en France. C’est donc l’adaptation qu’on critiquera.

… L’effet LSD je pense. Ou l’Oréal ?

La première chose qui frappe le spectateur est le jeu d’acteur caricatural au possible. Tout est surjouer (la première scène où notre sympathique héros est blessé par un projectile renvoi, en soustrayant la gravité de l’action, à la bataille du sanctuaire dans Saint-Seya).  Les expressions sont emphatiques. Noter l’enthousiasme militaire après chaque répartie d’un supérieur, ce ton sec et bref est si systématique qu’il commence par vous faire rire mais fini, par sa répétitionpar vous agacer ! On nage dans le cliché manga mais ici en « live » comme disent les japonais, ça donne un effet des plus ridicules ! On lit sur le web qu’il s’agit là d’une façon propre au japonais de jouer. C’est vrai lorsqu’on est habitué aux série lives (et kitch) genre Kimi Wa pet et autre Sentaï, mais quand on lorgne du coté des grands cinéastes japonais, comme Takeshi Kitano, on ne peux qu’être indigné de ce genre de remarque. La prestation d’acteur, on l’aura compris correspond à celui d’une série japonaise et à celui du cinéma des séries B comme Jun-onRingu dont le seul jeu d’acteur a suffi à justifié une adaptation américaine.

Voilà un moment dramatique (je précise).

Pour rester sur les personnages, admirons les rôles qui leur sont attribués. Là encore, on est en plein dans le délire. Le pilotage du Yamato et la direction des équipages sont confiés à pique-nique-douille sans tenir compte de la hiérarchie militaire. L’héroïsme que l’on vous impose d’admirer, n’est que rébellion à cette hiérarchie qui vaudrait pour le peloton d’exécution en temps normal. On lorgne vers le Star Wars mais on se rit de la crédibilité la plus élémentaire. Noter aussi que les costumes n’ont pas plus de sens : la tenue de rigueur est celle d’une bande de motards ! Et l’on ne parle même pas des coiffures, coiffures qui par leurs fantaisies sont acceptables dans un manga, mais intolérable à l’écran.

Puisqu’on parle de Star Wars, il est inutile ici d’énumérer les plans parodiés à la saga de Lucas. Regardez ceux dans les cockpits où encore les scènes de tirs. Là où l’on attendait du nouveau, Takashi Yamazaki fait dans le déjà-vu, mais là où l’on espérait des références normatives, le réalisateur fait dans l’absurde.

N’ayez pas peur : voici les sauveurs de l’humanité !!!

Enfin on reste navré des références outrancières au régime Nazi que les japonais ne rougissent même pas à vanter. Ce qui était compréhensible en 1974 (date de la création du Manga) aurait dû être reconsidéré à l’aune du XXIe siècle. Que le vaisseau porte le nom du Yamato reste acceptable, puisque ce dernier fut créé à partir de l’épave du cuirassier japonais, mais cela aurait dû s’arrêter là. Les références aux ennemis du premier Yamato comme étant une menace, font froid dans le dos aujourd’hui, comme si les japonais n’avaient encore rien appris de l’Histoire. Enfin raccourcir l’humanité aux seuls japonais (comme le font les étasuniens d’ailleurs), rappelle ici les thèses les plus affreuses du nazisme. C’est donc une œuvre nationaliste qui effleure les pire relent nauséeux possible.
Je veux bien qu’on soit fan de Manga, de Space Opera et que Matsumoto ne soit pas n’importe qui, mais de-là à ce réjouir de l’adaptation qui en a été faite, il y a un gouffre ! Est-ce le fanboyisme qui fait perdre aux spectateur la clairvoyance la plus basique ? Long, verbeux et insolent, voilà ce qu’on pourra retenir de ce film. Lorsqu’on parle de sauver l’humanité d’une menace atypique, on s’attend à un propos plus ouvert.

Reste alors le film animé de 2009 Space Battleship Yamato Rebirth qui espérons-le, vaux mieux que cette adaptation largement oubliable.

Nov 172011
 

Titre original : Byousoku 5 Centimeters
Réalisation : Shinkai Makoto
Année : 2007

5 centimètres par seconde est un cour métrage d’environ 1h narrant l’évolution de deux personnages, Akari et Takaki en 3 épisodes. Ce titre onirique ne vous proposera aucune scène d’héroïsme ni même d’action. Le ton est assez monotone, mais largement servi par une ambiance onirique des plus réussie, conjuguée à une réalisation d’une qualité des plus appréciables. Plus qu’une intrigue passionnante, 1h n’y suffisant pas, 5 centimètres par seconde marque par un visuel extrêmement soigné et richement animé par les effets de lumières. Shinkai Makoto reste tout de même loin des productions du Studio Ghibli. La touche très ordinateur de 5 centimètres par seconde lorgne vers un esthétisme confinant au plastique. Les effets très tranché des ombres font passé les personnages pour des figurines plus que pour des êtres de chair et de sang. A cela s’ajoute un chara-dessign sans envergure qui frise avec le conventionnel. Les personnages se ressemble tous au point de les confondre.

Reste un cour métrage envoutant et agréable à suivre, on regrettera que le propos du film semble ce perdre dans la profusion de ses propres décors.

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