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Mar 062013
 

Sortie : 30 janvier 2013
Réalisateur : Spielberg

Voilà un film pour lesquelles la presse spécialisée et les spectateurs n’ont pas tari d’éloges. Pour une fois que le public et les critiques sont au diapason, il me fallait aller voir ce dernier film de Spielberg, ce réalisateur qu’on ne présente plus. Encore bouleversé par Amistad que j’avais été voir lors de sa sortie en 1997, je me disais que ce long métrage devait avoir cette résonance à la fois onirique et dramatique, mais surtout qui tient le spectateur en haleine. Si en effet devant les premiers moments passés au fond de mon siège Lincoln m’a ébloui, je dois dire que la suite du film m’a quelque peu déçu.

Les points forts du film qui ont déjà été recensés sur Internet, sont réellement les éléments porteurs du film. D’abord, Daniel Day Lewis incarne son personnage avec une telle force qu’à aucun moment le spectateur ne doute de se trouver en face du personnage. Les autres acteurs du film, tous du même cru interprètent leur rôle avec cette même ferveur réellement étonnante. A cela s’ajoute une photographie de toute beauté, une mise en scène bluffante sans être spectaculaire, elle est au contraire à la fois intimiste et pudique. En somme, oui le film possède une aura qu’on ne retrouve que peu aujourd’hui.

Mais, car il y en a un, et un gros. Si le film soutient un propos des plus nobles : l’abolition de l’esclavage, j’ai trouvé le traitement de celui-ci assez peu subtil. Au risque de révéler un peu de l’intrigue, je résumerais le scénario ainsi : c’est l’histoire du cabinet de Lincoln qui magouille dans son coin à débaucher les démocrates afin qu’ils lui offrent les quelques voix manquantes à l’adoption du XIIIe amendement. Bref, il n’y aura donc aucune surprise dès l’instant où  la résolution du Président est prise et ce, jusqu’à la fin puisque nous la connaissons tous. Nous assistons donc pendant les deux tiers du films à une énumération de ces députés et aux méthodes employées pour les corrompre. Si au début le spectateur se prend au jeu, il finit vite par s’endormir dans son siège beaucoup trop confortable pour le maintenir éveillé.

A cela s’ajoute le caractère quelque peu sibyllin des dialogues. Lincoln focalise l’attention, mais il n’est pas le seul a adopter le style verbeux et monocorde qui lui est propre. Entre quelques digressions très éloignées du propos de la discussion, le Président pique une colère puis adoucit son ton d’une boutade qui permet de s’adjuger l’adhésion de ses auditeurs. Si Lincoln a pu en public user de ce genre de rhétorique on a du mal à croire que c’était là sa seule façon de s’exprimer. La répétition de ce procédé verbal n’offre aucune surprise et finit par lasser le spectateur qui devine à l’avance les minutes qu’il va regarder.

Le caractère nombriliste du film ajoute à cette ambiance qui finit par rebuter. Nulle mention n’est faite en effet de l’abolition de l’esclavage en Europe, ce qui trompe le spectateur en hissant à l’universel une date certes majeure de l’histoire états-unienne mais qu’il eut été plus sincère de replacer dans un contexte plus global. Lincoln apparait comme un film a la fois brillant et à la fois trop facile, trop évident pour réellement ébranler le spectateur, dommage.

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