Avr 272013
 

Son, programmation : Sean Hogan
écriture, graphisme : Jonathan Kittaka
développement : Analgesic Productions LLC

Présenté par beaucoup comme un miracle du jeu homebrew, Anodyne est un petit titre prudemment calqué sur l’univers de A link to past mais qui se démarque des autres Fan Game pour être surtout vendu sur Steam a un peu moins de 10$. Fan des Zelda like, je ne pouvais pas passer à coté, surtout avec la pub qui en est faite dans le milieu du jeu. J’ai donc fais cet achat suite aux grosses déceptions accumulées de ce début d’année 2013 très médiocre pour le sinistre monde du jeu vidéo… Le jeu a beau être indépendant,  étant payant, je vous en fais donc le test avec la même sévérité qu’on est en droit d’attendre pour la critique d’un titre commercial.

Pour un jeu prétendument 16bit, l’écran d’accueil est plutôt minimaliste. Très peu de couleurs à l’affichage, très peu d’éléments. Bref, on l’a compris, on aura pas de débauche d’effet visuel. tant pis, on se rattrapera surement avec le game-play et les graphismes in game.  Pour le game play justement, il vous sera impossible de jouer avec votre paddle 360, pour un jeu qui se veux old school, c’est déjà mauvais signe pour l’immersion. Lorsqu’on a Young, le jeune héros de l’histoire en main, on a fortement l’impression de jouer non pas a Zelda 3 comme on le chante partout, mais a Zelda 1, et les graphismes qui sont a l’avenant de ceux se trouvant sur l’écran d’accueil confirment ce ressenti. L’animation du personnage est également très sobre, et n’égale en rien un jeu 16 bit, même sans être très exigent sur celle-ci. Puis, après un petit moment de jeu, c’est surtout a un Zquest qu’Anodyne fait penser. Car comme un Zquest, il garde le game-play de Zelda 1 en y intégrant des nouveauté. Mais la différence s’arrête là car coté inventivité et foisonnement graphique, on reste très très sommaire.

Couleurs baveuses, pixel crasseux, profondeur inexistante, voilà a quoi ressemble selon Anodyne et ses fervents adorateurs un jeu 16bit…

Un rapide coup d’œil sur une capture vous confirmera que le jeu se présente bien comme Zelda 1. Un bandeau noir en haut de l’écran sert de barre de menu qui vous donne les informations de base de gestion. Les cœurs sont remplacés par des rectangles, la carte du monde est rapidement visible, ainsi que votre nombre de clef. Et comme dans un zelda 1, un écran menu vous permet de gérer en détail votre inventaire. Ensuite, le manque de dynamisme dans le gameplay du perso, qui va de pair avec ce souci d’animation, résonne réellement avec la période 8 bit, vous ne pourrez porter qu’un seul coup et n’espérez même pas égaler la panoplie de Zelda 1 tant vos items seront indigents.

Les mécanismes du jeu offrent tout de même quelques ingrédients sympas, cf l’usage de votre balais.

A part ça, qu’est ce qu’il faut faire ? Avec un pitch un peu bâclé, les ténèbres envahissent les mondes et il vous échoie d’en venir a bout en battant un certain Briard. Au fur et à mesure de l’histoire vous comprenez que le binoclard qui sert d’anti-héros est en fait un geek qui doit s’ouvrir au monde d’où l’impression d’être plongé dans une sorte de cauchemars permanent. Cela n’a franchement rien d’original, cela a été vu et revu comme thème et la fin est donc particulièrement convenue (et chiante aussi car c’est le seul boss retord du jeu -et pas qu’un peu- au mécanisme très bordélique). Donc le gameplay consiste a collecter des cartes de collections (geek obliges) pour ouvrir des portails qui vous donneront accès a ce fameux Briard… Y’a bien 3 clefs que vous lâcheront aisément les bosses qui servent aussi a ouvrir des portails, la logique est donc très redondante. Le point fort du jeu consiste en l’usage de votre balais qui aspire la poussière. Cette poussière vous servira a bloquer certains ennemis, a voguer sur l’eau etc. Tout tourne autour de ce balais donc. Reste qu’on est lâché dans un overworld assez vaste ma foi, ce qui est plutôt honorable, mais sans trop savoir où aller ni comment. Si bien que commencer par le dernier palais est possible (c’est mon cas, j’ai eu la 3e clef avant la seconde).

Quant on joue a Anodyne, on a l’impression que les développeurs ont voulu jouer sur la fibre nostalgique des joueurs qui ont renié le retrogaming depuis longtemps, tout est fait pour faire penser a tel ou tel jeu, cette situation là, ce graphisme ci etc. Mais quand on vit le retro gaming, qu’on allume aussi bien sa snes que sa ps3 le week end, qu’on collectionne les partie de homebrew, de hacks ou de zelda like qui circulent sur le web, on se dit que les auteurs ont un train de retard et s’adressent aux joueurs qui ont également un train de retard. Clairement je me suis ennuyé car tout est convenus, basiques, sans véritable âme ou originalité. Ce jeu donne l’impression d’avoir été conçu comme un défis entre deux étudiants sans réels travail en amont ni études sur la question du homebrew et de ce qui c’est fait dans le domaine. Après il y a par dessus l’effet Steam, le fait que le droit d’auteur n’est pas été pillé directement (bien qu’on est dans le plagiat a bien des niveaux) et donc rendu le jeu commercialement viable, projetant ainsi ce jeu dans la lumière des media spécialisés. Car ces même média ne regardent jamais du coté de l’underground du gaming, les Zquest (je me répète), les hacks, les homebrew comme Zelda Solarus offrent des perspectives énormes et bien plus intéressantes pour un fan de A-RPG a l’ancienne. Pier Solar a pourtant montré une autre voie dans le retro homebrew commercial, mais les gens ont la mémoire courte.  Vous pouvez tenter cette aventure sans grande surprise, moi j’ai fais mon choix, je me suis replonger dans les Zquest, la version 2.50 est hallucinante grâce a tout les ajout qui ont été faite et les dernières quête dispo aux graphismes supérieur au génial A link to the past, au game play enrichi, sont simplement bluffantes !

Évaluation

Graphismes 13/20 Couleurs très ternes, dessin très basique et sans originalité. Rien de moche et de mal fait, mais ça manque de touche perso et les gfx c’est ce qui donnent l’ambiance d’un jeu. Pour la qualité 16 bit, on repassera.
Jouabilité 15/20 Un brin bordélique quelques fois, le jeu n’a pas de diagonal ce qui peu créer une belle confusion dans certaines situation.
Scénario 13/20 Gros gros point faible du jeu, une vaste blague déjà vu et revu.
Bande-son 14/20 Pas plus marquante que ça, pourtant elle est aussi proposée à la vente…
Durée de vie 16/20 10 heures c’est déjà trop pour un jeu aussi confus. Mais c’est trop court pour un jeu commercialisé.
Fun 12/20 Je me suis très sincèrement ennuyé, mais ennuyé ! Si je ne jouais pas en duo avec ma belle qui tenais à le finir, j’aurais lâché l’affaire depuis longtemps !
Note globale : 13/20
Hélas ! Alors Anodyne, est loin d’être mauvais, mais c’est un jeu mou, brouillon même, sans saveur qui a profiter d’une aura médiatique pour ce vendre un peu partout. Une parodie de Zelda 1 qui n’a pas le fumet de l’original. Est ce le résultat que l’on obtient lorsque le fan game devient un produit marketing ?