Août 142012
 

Production : UTV Studios
Distribution : Disney
Directeur : Arnab Chaudhuri
Producteur : Siddharth Roy Kapur
Sortie (inde) : 25 Mai 2012

On ne l’espérais plus, ce film a tellement fait attendre ses fans qu’on se demandait s’il allait enfin voir le jour. Mais le voici, et je l’ai même raté de plusieurs mois ! Le film est déjà disponible en DVD en Inde, mais aucune date de distribution n’est à l’ordre du jour dans nos latitudes (et si, depuis cet article, il est sortie en février 2015 !). Pourtant, après un long silence, on découvre que Walt Disney fait parti de l’aventure. Il semblerait que le géant américain, coutumier de patronner l’animation indienne après notamment Road Side Romeo se soit intéressé de près à ce projet d’envergure. C’est ainsi qu’en février de cette année, la firme américaine à racheté (pour plus de 360 millions de dollars) le studio de cinéma UTV qui a à son actif de nombreux blockbuster. Déjà en 2006, Walt Disney possédait 14,9% du studio de Mumbai. Il est un fait que la bataille fait rage entre les investisseurs occidentaux pour gagner des parts de marché dans ce pays où l’économie des médias est florissante et apporte une richesse incontournables au niveau international. A l’heure actuelle, la compagnie deviendra The Walt Disney Co. India. Pour le studio de cinéma indien, devenir une branche de Disney est le meilleur moyen de percer sur le marché mondial et non plus comme simple sous-traitant. C’est aussi pour le public occidental une garantie d’une certaine qualité. Le film La fée Clochette, a prouvé, dans l’ombre, que l’Inde recelait de grands animateurs. C’est maintenant dans la lumière que ce film perce.

La maitrise des couleurs et des ombres font de Arjun le plus beau film d’animation indienne.

Il reste dommage que le film n’est pas été achevé en restant 100% indien. Il est pourtant évident que Disney n’y a contribué que de loin, comme contrôleur qualité. Porté par un studio de cinéma, Arjuna le prince guerrier est au delà de tous les précédents projets du pays. Doté d’un budget de plus de 500 000$, et conçu dès son origine avec une direction artistique innovante. En effet, le directeur Arnab Chaudhuri avait orienté son film dès le début en s’inspirant de l’univers Anim/Manga qu’il considère plus propre à représenter les caractéristiques d’un film mature. Exit donc le style cartoon propre aux productions indiennes, place à un univers visuel dominé par la couleur, les ombres et les perspectives. Exit aussi les chansons Bollywood qui font les délices d’un public préférant les productions plus légères. Le scénario, inspiré de la longue fresque du Mahâbhârata sort enfin des sentiers battu du Râmâyana. Après Eklavya, Arjuna va offrir une intrigue plus complexe et plus dense propre à intéressé un public adulte occidental.

Le destin des personnages du Mahâbhârata sont aussi tragique que moderne.

Avant de nous pencher sur l’histoire, disons quelques mots sur les qualités visuelles du films. Enfin, enfin, l’Inde porte un projet ambitieux, loin des querelles des studios d’animations où chacun a à cœur d’offrir sa version du Ramayana, ici UTV fait cavalier seul et réfléchi avant tout à offrir, plus qu’une morale religieuse, des émotions au spectateurs. A ce propos, Krishna qui fera plusieurs apparition est vue comme il l’est décrit dans l’épopée : c’est un roi et non un dieu. Le film est dessiné dans une sorte de cell shading  : l’univers est en 3D mais donne cette impression de film animé traditionnel. Les décors sont plus traditionnels, on regrette cependant certaines incrustations vidéo des moins heureuses. Le chara-dessign est excellent et ne varie jamais d’un ton : pas de disproportion des personnages (sauf hélas avec quelques animaux comme on l’avait vu à l’époque dans Aladdin). L’animation est d’une grande fluidité, mais parfois trop rapide (notamment lors des travellings) : c’est un vrai plaisir que de voir chaque doigt animé, de voir bouger la queue d’une vache et aussi de découvrir des personnages non figés etc. Malgré tout, on a quelques fois le sentiment que les personnages sont mal insérés dans leur décor. Les animations de foules sont, par contre, impressionnantes. Il y a donc de la très grande animation qui côtoie des séquences plus décevantes (rappelons que la série Krishna était impeccable à ce niveau là, mais moins ambitieuse). Les nombreuses scènes de combats, inspirées des arts-martiaux indiens comme le Kalaripayattu et le Thang-Ta sont impressionnantes par leur qualités, et disons le, inédite en animation. L’ensemble reste très agréable et d’un haut niveau.

Dans les scène de foule, chaque personnage est animé. Chacun ayant, en plus, des traits bien distincts.

L’histoire de ce film ce passe avant la grande bataille racontée au centre de l’épopée. Dans Arjun The warior Prince, il s’agit avant tout de dévoiler les raisons de cette grande tragédie future qui réside dans cette guerre fratricide qui décidera du sort de milliers de guerriers. L’histoire commence dans l’ermitage de Drona, la scène n’est pas sans rappelé les références d’une série comme Spartacus. Les 5 pandava-s sont amenés auprès du maitre afin de bénéficier de son entrainement, à l’instar de leur 100 cousins les Kaurava-s. L’inimitié entre les deux familles est déjà transparente mais les vertus des 5 fils de Pandu brillent parmi les nombreux élèves de Drona. L’un plus que les autres, Arjuna. Duryodhana est le Kaurava le moins prévenant envers ses cousins. La scène de la course de char, en plus de montrer tout le talent des animateurs, permet de mettre en exergue cette inimité. On découvre également la fraternité sans failles des 5 héros et leurs grandes probités qui les distinguent de leurs cousins. Dhritarastra, règne sur le royaume prospère et vertueux de Pandu, son demi frère. Cependant, la succession est désormais ouverte et le vieux roi doit choisir comment répartir son empire entre son fils, Duryodhana et ses neveux, les 5 Pandava-s. Le monarque partage son royaume entre les deux branches cousines, ce qui n’est pas au gout de l’ombrageux Duryodhana qui va tout faire pour récupérer l’héritage des panduides.

Les architectures sont également de très grande qualité.

En puisant ses références claire à Ben-Hur, où à des productions plus récentes comme Spartacus ou Rome, le film s’inscrit dans une dramaturgie aux mécanismes classiques, ce qui permet au public occidental de se raccrocher à un référentiel connu. Pour autant, par certains moments, les choix et les actions des personnages n’apparaitra pas aussi claire aux spectateurs peu familier avec cette culture. Peut-être certains éclaircissements auraient étés nécessaire pour rendre la lecture du film plus aisé. Quoi qu’il en soit, malgré ses défauts, le film est assez riche et divertissant pour intéresser le spectateur français. Si vous appréciez les histoires héroïques, le ton dramatiques de l’action, les aventures de guerriers qui défendent leur honneur et la justice ; si vous êtes allergiques aux chansons Bollywood et au histoires frivoles, alors aucun doute, Arjun, the warior prince est un film à voir. Doté d’une réalisation qu’on espérait plus et d’une mise en scène très hollywoodienne, le film de UTV Studios/The Walt Disney Co. India s’en sort avec les honneurs !

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Pour aller plus loin :

http://www.livemint.com/2012/02/01230230/Walt-Disney-acquires-controlli.html

http://www.telegraphindia.com/1120516/jsp/entertainment/story_15491833.jsp#.UCYs_FIVLkd

Jan 052012
 

Scénario : Emilio Ruis
Dessins : Anna Mirallès
Sortie : novembre 2011

Après le succès de la série Djinn, les auteurs reprennent de plus bel avec ce nouveau titre Muraqqa’. Emilio Ruis qui travaillait dans l’ombre de son épouse sur la précédente série, prend ici la place du scénariste sans pour autant renoncer à son active collaboration avec Anna Mirallès. Ce nouveau titre reste dans la continuité de la première série, voici encore une histoire qui fera entrer le lecteur dans le monde sensuel des gynécée orientaux. Cependant, Muraqqa’ opte pour une mise en scène moins racoleuse et clairement axé sous le signe de la spiritualité.

C’est ce principal aspect qui m’a interpelé. En plus de la couverture qui, pour une fois, ne semblait pas se servir de la culture indienne comme un simple prétexte pour une mise en scène exotique. Reste a savoir si ce titre tient ses promesses ou s’il va finalement sortir de ce cadre prometteur.

Les premières pages sont des plus encourageante, on y découvre Priti dessinant dans le plus simple appareil au beau milieu d’une troupe d’animaux sauvage. Un Saddhu vient  a sa rencontre pour le lui reprocher, la remarque de notre héroïne reste pleine de bon sens, mais dans l’Inde hindou, il n’appartient pas à la femme de s’engager dans les voies spirituelles. Remarquée par son grand talent à la cour du Maharaja Monghol Jahangir, Priti doit quitter son village et la nature qu’elle chérie tant pour se mettre au service du souverain.

A partir de là, on entre dans le vif du sujet, Priti est introduite dans le gynécée par l’eunuque de la reine qui en plus de lui expliquer les règles qui régisses ce lieu privilégié, il lui dévoile le rôle que l’on attend d’elle. La jeune femme doit confectionner un muraqqa’, un livre patchwork illustré des portraits des femmes composant le gynécée. Bien sûr dans ce monde cloitré, plus d’une épreuves risques de détourner ou corrompre la jeune femme excessivement naïve. Cela est si prégnant qu’à la fin de cet album on ne se demande pas si elle parviendra à composer son œuvre, mais plutôt si Priti succombera à la débauche.

C’est donc de ce point de vue, une grosse déception lorsqu’on s’attendait à quelques chose de plus fourni, de plus vrai. De plus, la mise en scène et l’intrigue donnent surtout à Muraqqa’ l’impression d’être un documentaire. Le choix de la jeune femme introduite dans un lieu nouveau sert trop facilement de prétexte à une description systématique de l’environnement. Ici c’est comme ça, un tel et une telle est dévolu à telle charges etc. Le récit au final ne fait pas naturel, et la composition des planches n’aide pas à se dépêtrer de cette impression artificielle qui rappel la structure d’un dictionnaire.

Anna Mirallès travaille case par case, son mari s’occupe de recomposer les planches sur ordinateur ce qui lui permet au loisir d’agrandir ou de rétrécir les cases. Si cette technique semble fasciner le Web, elle dévoile vite ses défauts dans la lecture. On remarque bien que l’ensemble accuse  un problème de cohérence et que certain élément manque de détail quand d’autre sont à côté assez soigné. Normal lorsqu’on change l’échelle originale d’une case.

Le dessin d’Anna Mirallès, sans être aussi beau qu’on le prétend, est fin et délicat. Peut être un peu trop dépouillé par moment. Mais quel force, quel trait dans les costumes et les bijoux des femmes ! C’est vraiment tout l’atout et la force de cet auteur. On n’a jamais vu de parure aussi belle dans une bédé ! Et pour en revenir à ma première idée, le soucis de l’exactitude du costume est respecter. Sans connaître l’histoire vestimentaire en Inde, on reste cependant assurer de leur provenance géographique. Le regard d’un historien d’art nous dira si l’époque est respecté.

Enfin, notons aussi que les personnages manquent cruellement d’expressions. La scène de la dispute des princes est révélatrice à ce propos. Les dialogues sont comme en décalage par rapport à leur attitudes. Dans cette même scène, les personnages sembles stoïques, seul la remarque faite à ce propos permet de comprendre la tonalité du dialogue.

On s’attendait à un titre plus percutant, Muraqqa’ reste dans la lignée de ce qu’on lit aujourd’hui. Ni très incisif sur la critique de la société du XVIIe, ni très mouvementé dans sa narration, Muraqqa’ est tel une fleuve tranquille qui avance dans jamais rencontrer le moindre accros sur sa course. Cela manque de surprises et d’intrigues . Ce premier album ne fait qu’esquisser un monde et des personnages sans leur laisser les moyens de se dévoiler du moins en parti.

Ce titre reste un album agréable et prometteur, il serait injuste d’en nier les qualités réelles. Le lecteur reste sur sa faim, la balle est désormais dans le camps d‘Emilio Ruis et d’Anna Mirallès.

Juil 092011
 
Directeur : Chetan Desai
Producteur : Maya Entertainment Ltd. (Inde) et Warner Bross (reste du monde)
Date de sortie : 15 Octobre 2010

Très belle affiche de ce film animé présentant les protagonistes.

Comment faire l’impasse sur ce film d’animation indienne regroupant une équipe de 400 personnes et qui à représenté 5 ans de travail ? Impossible ! Même si le sujet de l’histoire semble particulièrement redondant au vue de la production de l’Inde dans le genre. On ne va donc pas s’attarder sur l’histoire que Yugo Sako à si brillamment mit en œuvre en 2000. Nous allons nous intéresser plus particulièrement au traitement du sujet.

Ce Ramayana à la particularité d’être en 3D (je dis bien 3D pas en stéréoscopie), mais est-ce l’atout principale de ce film d’1h40 ? Non pas vraiment car un autre titre pointe à l’horizon. Ce Ramayana est une œuvre proposée pour un public plus mûr par rapport à la moyenne des autres productions indiennes. Ici, il n’y aura en tout et pour tout une seule chanson et une chanson qui est encrée au scénario puisqu’il s’agit d’une scène présentant les singes faisant la fête. Le ton est assez dramatique plutôt que joviale mais la fin se clôture en happy end presqu’à l’américaine. En effet, Rama est réuni à Sita et tout devient pour le mieux dans leur royaume prospère. L’épilogue du Ramayana à été oublié afin de donner une cohérence dans le ton du film : le drame se dénoue positivement comme pour appaiser le spectateur.

La belle Sita dans ses vêtements ascétiques.

Techniquement le film se démarque par un choix de cadrages très dynamiques qui ajoutent une énergie aux animations de qualités. Les couleurs sont vives sans être criardes et le charadesign est assez proche des représentations classiques. Le point faible du film réside dans le manque d’expressions des personnages qui ressemblent alors plus à des marionnettes qu’a des personnages vivants. Les décors sont très beaux et certaines textures, comme celle de l’eau, sont éblouissantes de vérité.

Hanuman dans toute sa grandeur est un personnage très bien traité.

L’intrigue est assez clairement exposée bien que certaines scènes semblent précipités. Ramayana the Epic va à l’essentiel mais ne bâcle pas pour autant sa narration qui se suit avec un grand plaisir. Il eut peut être été plus judicieux de s’attarder sur des scènes plus en profondeurs et d’en abréger d’autre. La lutte entre Sugriva et son frère Bali pour le trône des singes, quand bien même très importante dans l’œuvre originale,  semble bien accessoire face à l’importance du sujet principale.

Ravana sur son trône de Lanka.

Ramayana the Epic est un film qui, comme Lava Kusa est au seuil de l’animation indienne de demain. Mais pour autant les standards internationaux ne sont pas encore atteint ici. Comme je vous l’annonçais, un second Ramayana en 3D est attendu cette année même, qui s’intitule Mahayoddha Rama (le grand guerrier Rama) et dirigé par Rohit vaid. Ce prochain film semble vouloir moderniser l’oeuvre de Valmiki en lui donnant un air japonais. Reste à savoir si Rama en samouraï sera aussi plaisant à voir… On ne peut que regretter cette lutte entre les différents studio Indiens qui ne fait que diluer les forces et les talents du pays. Imaginons seulement ce que ces deux studios auraient pu réaliser ensemble.

Juil 062011
 
Directeur : Dhavala Satyam
Studio : Hyderabad-based RVML Animation et  Kanipakam Creations
Année : 2010

L'une des affiches du film Lava Kusa montrant les deux jeunes héros de l'histoire.

Avec un budget de 5 millions de dollars et une équipe de 170 artistes, Lava Kusa fut attendu comme le film d’animation indien devant marquer un tournant dans le développement de l’industrie indienne. Annoncé depuis 2006,  l’élaboration du scénario à nécessité 1 an, après cette première phase, 3 ans de travail supplémentaire partagé entre l’Inde et les Philippines ont permis  d’aboutir à ce film de 120 minutes.

Lava Kusa s’inscrit dans la tradition des films d’animation indien basé sur la mythologie classique. Ce film pioche encore son inspiration du Ramayana, poème épique de l’Inde qui jouit d’une grande popularité dans toute l’Asie. Mais là où le film marque sa différence, c’est dans le choix de son propos qui se concentre sur les deux fils du prince Rama (charmant). Si vous êtes fidèle aux films d’animations indiens, vous connaissez déjà le Ramayana à travers le film de Yugo Sako, ce directeur japonais qui à dévoué sa carrière à mettre en vie la mythologie de l’Inde. Dans le cas contraire, il est toujours temps de vous rattraper. Car le prochain film du Ramayana en 3d sous titré The Epic, même prometteur, ne vous offrira pas le même spectacle. Je m’éloigne du sujet, revenons à nos moutons.

Lava et Kusa sont deux jeunes frères qui vivent auprès de leur mère dans l’ermitage de Valmiki, le conteur du Ramayana. Très appliqué dans l’étude des textes sacrés, il connaissent sur le bout des doigts la légende du prince Rama et de sa jeune épouse Sita. Ce sont aussi des guerriers hors-pair que leur guru, Valmiki, a choisi de nommer protecteur de la forêt.  Ils s’adonnent alors avec application à faire régner la paix parmi les animaux de la forêt plus habitués à se quereller qu’a sympathiser. Le jour tant attendu pour les jeunes novices arrive lorsqu’ils sont introduit par leur maître auprès du prince Rama qu’ils ne manquent pas d’éblouir par leurs chants. Félicités, ils ont la permission de voyager dans le royaume. C’est ainsi qu’il découvre avec horreur que Rama a répudié son épouse. Le monarque idéal devient à leurs yeux un monstre qu’ils vont décider ensemble de combattre pour l’honneur de la reine…

Le film qui imite dans sa composition la littérature classique indienne, semble souvent perdre de vue son propos car il est constellé de scène retraçant l’histoire de Rama et Sita. Le film raconte alors deux histoires en parallèle, ce qui, pour un esprit occidental  rompt l’unité du discours auquel nous sommes habitué depuis Homère. Il faudra alors attendre le dernier tiers du film pour pouvoir apprécier un récit claire. Les deux premiers tiers semblant être prétexte à un florilège de chanson Bollywood tout de même inspiré de chants classiques.

Reste que sans être le film attendu qui va bouleverser le monde de l’animation indienne, Lava Kusa reste un divertissement agréable très bien dessiné et animé correctement. On regrettera quelques scène kitch avec des incrustations de danseuses et les quelques longueurs très Bollywood. Le fan rumine encore et attend patiemment Arjun The Warrior Prince qui ne pourra pas décevoir !

Sep 202010
 

Titre : Little Krishna The Wondrous Feats
Producteur : Big Animation
Directeur : Vincent Edwards

Voilà un bail que je ne vous avais présenté un dessin animé indien. Et pour cause, il est difficile de se procurer ce genre de production dans nos contrées (et surtout que mes DVD de Cheenti cheenti Bang bang, Jumbo restent fermés pour cause de motivation). Mais voilà que je tombe enfin sur ce titre (j’hésitais à acheter 3 DVD en import d’une série inconnue) et je dois vous avouer que ma passion a repris son ardeur !

Voici donc encore une énième représentation de Krishna (il y avait déjà Sri Krishna et Krishna the birth) et on peut le dire d’emblée, si vous devez en regarder une, celle-ci sera la plus agréable. C’est une série en 3D (c’est à dire en image de synthèse, hein ? Pas en stéréoscopique !) ce qui a priori pourrait nous effrayer car les réalisations 3D précédentes n’ont jamais été exceptionnelles. Celle-ci est remarquable de beauté et d’animation ! Nous voilà enfin entré dans la cours de l’Animation Internationale. Mais entendons-nous, ce n’est pas pour autant un chef d’œuvre technique capable de rivaliser avec les meilleures cinématiques d’un jeu hardcord gamer : c’est très simplement beau, agréable, léger et suffisamment fluide pour vous permettre de plonger dans la magie de cette épisode. Big Animation avec Bad Eggs a déjà raflé des prix au Japon et à New York en 2007. Comme quoi, ce n’est pas n’importe quoi que je vous présente !

Car au juste, qu’est que c’est que Little Krishna The Wondrous Feats ? C’est tout simplement le premier épisode d’un téléfilm. Car oui, même si techniquement il va au-delà des longs métrages indiens et qu’il dure près d’1h30, ce n’est qu’une série ! Est-ce le partenariat avec l’Iskcon qui a boosté le budget ? Quoiqu’il en soit, la série a été diffusée sur la chaine Nick (une grosse chaine indienne pour les enfants) dès le 11 mai 2009 (comment ça, je suis à la bourre?). Les 3 épisodes ont rassemblé 280 personnes à leur chevet, et les petits indiens ont été nombreux à rendre justice à leur travail.

Pépère shiva, si tu abrégeais ? Bon désolé, je m’emballe, mais depuis Gatothkach cela faisait longtemps que j’attendais la relève. Une version anglaise de la série est dispo, c’est ce qui nous la rend accessible (mais désolé pour nos chers bambins qui ne comprendront rien !). Quoique, l’histoire est simple et l’image suffit à la raconter avec délicatesse et esthétique. D’ailleurs les dialogues sont peu nombreux. Ce premier DVD présente donc les facéties de notre très jeune Krishna qui passe son temps à intriguer pour voler le beurre des bergères. Et entre temps, sous des airs de grande candeur, il terrasse les démons que lui envoie son oncle qui, vous l’aurez compris est loin de combler son neveu de sollicitudes et d’attachements… Sur la fin, on notera l’intervention d’Indra peu réjoui que le marmot Krishna dénonce les honneurs que les habitants de Vrindavana lui dédient.

Ce long épisode manque peut-être de cohérence pour un esprit occidental, on regrette d’ailleurs que l’intrigue du Bhagavata Purana, le livre de référence sur Krishna, n’ait pas été suivi dans son développement. Rien n’est présenté sur la naissance de ce bébé merveilleux (comme ses pieds le sont) ce qui nous oblige a une entrée en matière un peu brutale. Les espiègleries amuseront les enfants mais un adulte les trouvera peut-être trop longue. Le film Krishna et même le série en animation traditionnelle étaient en ce sens plus réussies. Mais en ce qui concerne, le plaisir des yeux, l’immersion, cette série est sans conteste la plus attrayante ! Ajoutez à cela une ambiance musicale très agréable, des voix bien choisies, et je vous laisse imaginer l’intérêt de cette œuvre.

Autre point, le parrainage de l’Isckon laisse supposer des prétentions religieuses sous-jacentes. Mais mon œil averti (désolé ça fait orgueilleux^^) n’a rien décelé de compromettant dans ce fabuleux dessin animé indien ! Cela explique surtout la très belle image de cette production qui reprend les plus beau tableau de ce mouvement religieux. Donc, n’hésitez-pas !

ps : cliquez sur les images pour éviter qu’elles ne disparaissent svp !

Sources :
Arrow http://www.bigmusicvideo.co.in/PressRoom/StoryPage.aspx?ArticleID=c33233a3-799b-4347-87dd-9233ddfde9af&ShortName=PRESSRLS
Arrow http://www.harekrsna.com/sun/news/05-09/news2650.htm

Mar 202009
 

Titre : Ghatothkach
musiques et réalisation : Singeetam Srinivasa rao
production : Shemaroo

J’ai enfin l’opportunité de vous présenter ce super dessin animé indien qui me mettait l’eau à la bouche depuis longtemps. Et pour cause, je vous en avais déjà parlé dans Kamiloka 3, mais je n’avais pas eu l’occasion de le voir. Je suis parvenu à me procurer 2 dvd de ce film, deux? Oui deux car hélas, il est bien difficile de trouver une version sous-titrée anglais! J’ai un dvd en finlandais l’autre en arabe! Bref, il m’a fallu 2 semaines pour me faire mes propres ss-titres a partir de google, autant dire qu’ils ne sont pas parfaits… Mais ils ont le mérite de rendre l’histoire compréhensible, et donc, d’en apprécier tous les éléments!

L’histoire raconte la vie d’un personnage haut en couleur : Ghatothkach, héros du Mahabharata, peu connu chez nous. Le Mahabharata étant si vaste, l’histoire de notre héros qui intervient ponctuellement est en effet secondaire. Bref, Ghattu, pour les intimes, est un petit bambin fils d’un grand héros de l’épopée le prince Pandava, Bhima et d’une démone Hindimbi qui avait perdu son ex-époux hidimba dans un combat contre Bhima. Notre enfant bâtard en a hérité une force incroyable et une maitrise parfaite de la sorcellerie. Dès sa naissance, le prince des kaurava-s (ennemi des pandava-s) jure sa mort et envoie un démon le tuer. celui-ci envoie ses sbires et Ghattu n’a aucun mal a s’en défaire alors encore dans le berceau! A l’âge de cinq ans, il sauve un éléphanteau, Gajju avec lequel il se lie d’amitié.

Sa mère est dépassée par les bêtises incontrôlables de son fils, et après s’être fait sermonné, il décide de prouver sa valeur en partant de par le monde…

Ce film animé très riche en couleurs et servi par une belle animation (même si certains intervalles manquent de synchronisation) est l’occasion d’une bande son extraordinaire qui fascinera petits et grands entrainés par un rythme dynamique et de superbes chansons!

Je ne peux que vous conseiller de regarder ce film d’animation sans hésiter, et si vous avez besoin de ss-titre provisoires, vous savez à qui demander. Bref, vous n’avez pas d’excuse pour partir à l’aventure avec ce formidable Ghatothkatch !

Arrow http://www.filmytown.com/ghatothkach.htm
Arrow écouter les musiques

Sep 062008
 

titre : Dashavatar
directeur : Bhavik
producteur : Shemaroo
année : 2008

Sous son nom un peu sifflant pour nos oreilles, Dashavatar est un film ambitieux qui propose de faire découvrir aux plus petits une part importante de la mythologie de Vishnu, celle de ses 10 descentes dans le monde (avataras). 120 Minutes ont été nécessaire pour mener à bien un tel projet qui à priori pourrait nous sembler bancal. En effet, comment narrer 10 aventures différentes avec 10 personnages différents? C’est tout le challenge de ce film qui parvient sans difficulté à briser cette barrière en utilisant la bonne vielle ficelle de la narration des mythes par l’un des personnages de l’histoire principale.

L’histoire apparait alors très clairement. Deux gamins, un frère, une sœur sont aux prises avec des malfrats. Ils parviennent à se réfugier dans un temple. Le frère bloque la porte et la sœur se met à prier. Malgré les appels à l’aide de son frangin. Quand les vilains mettent le feu au temple, une pluie torrentielle éteint le feu, le frère soutient que c’est le hasard et la sœur est convaincue que ses prières ont abouti. C’est alors que le prêtre du temple apparait et les invite à l’écouter raconter l’histoire des 10 avatara-s de Vishnu.

Ainsi s’enchaine depuis l’aube des temps jusqu’au futur, les aventures des 10 descentes du dieu Vishnu, depuis la tortue, Kurma et la femme Mohini qui participent à un épisode clef de la mythologie indienne, la barattage de la mer jusqu’à Kalki qui apparaitra dans le futur pour débarrasser le monde des criminels, en passant bien sur pas Rama, Krishna et Bouddha. Il apparait que par soucis d’intérêt, certains épisodes sont plus approfondis que d’autres, Rama et Bouddha ayant déjà fait l’objet de grands films d’animation, il ne paraissait pas opportun de s’attarder dessus.

Au final, sans faire partie des meilleurs films animés indiens, Dashavatar reste un film convaincant qui a le mérite d’illustrer à merveille un pan incontournable de la culture indienne désormais internationale. Passer à côté de ce documentaire animé ne pourra que se faire au détriment de votre culture générale qui doit faire une place à l’Inde et à sa mythologie. On regrettera cependant le coté prosélyte de l’histoire centrale qui freine le message international du film. Passé ce détail et vous êtes dans le Bhagavata purana, alors pourquoi s’en priver?

ps : Merci de cliquer sur les images pour éviter leur disparition !

Déc 032005
 
Directeur : Yugo Sako
Producteur : Shringar Films and Exccel Home Videos
Année : 2000

C’est un comble qu’en France ce chef d’oeuvre de l’animation japonaise et indienne ne soit pas connu! Et ne tentez pas non plus de trouver des infos sur cette formidable adaptation dans nos revues spécialisées. Car en dehors de Disney et de Miyazaki, on ne connait rien. On pourra s’étonner pourquoi on glose avec fierté sur l’insupportable Kirikou qui a seulement comme arguments quelques idées préconcues de colons, et on préfère se taire sur cette formidable production.

Jugez plutôt: un budget de 6 millions de dollars pour une collaboration de 350 artistes indiens et japonnais pour une durée totale de 2h30! 8 années de travail ont été nécéssaires pour faire aboutir ce projet gigantesque. Primé par le Santa Clarita International Film Festival en 2000, anssi qu’au Lucca Animation Film Festival en Italie, et applaudi au Toronto Film Festival etc. Ce film dirigé par Yugo Sako est loin d’être passé inaperçu dans le monde anglosaxon. Même les américains l’ont adapté afin de le réduire à 1h30 et de faire chanter de la pop à Hanuman… Ce film qui date des années 93, commence donc à percer depuis 2000.

Ramayana, quesa quo?

Il ne s’agit n’y plus ni moins de l’adaptation de la célèbre épopée indienne de Valmiki. Et c’est en tant que passionné que je suis tombé sur ce trésor ! Car en 2h30, résumer une épopée de 24 000 slokas (84 000 vers ! ) est un véritable défi ! Mais la fidélité est au rendez-vous! N’en déplaise aux américains qui auraient préféré que Rama et Sita partent en lune de miel plutôt qu’en exil…

Rama, fils du Roi Dasaratha, souverain du royaume de Kosala dont Ayodhya est la capitale va avec son frère rendre visite au roi Janaka qui propose sa fille en épouse à qui parviendra à bander l’arc de Shiva. Plusieurs hommes de haute naissance se succèdent sans parvenir à seulement le soulever. Janaka désespère de trouver un homme de qualité pour sa fille. Vient le tour de Rama, qui empoigne l’arc et, devant la stupéfaction du publique, parvient à le redresser, et le bande tant qu’il le brise en deux dans un fracas terrible. La Belle Sita est conquise.

On célèbre en grandes pompes le mariage et tous se réjouissent, le roi son père veut lui céder son trône ce qui réjouit le peuple. Cependant, la troisième femme du monarque, Kaikeyi, manipulée par sa suivante, Manthara, réclame à son époux un vœu. Celui-ci, se sachant redevable et étant prêt à tout pour satisfaire sa femme, lui accorde d’avance tout ce qu’elle désire. Kaikeyi réclame que Rama, fils ainé du roi n’obtienne pas le trône et soit exilé durant 14 années. Et cela au bénéfice de Bharata, le fils de Kaikeyi.

Tenu par son engagement, Rama doit s’exiler au grand dam de sa famille et de son peuple. C’est avec beaucoup de remords que Bharata accepte le trône et qu’il voit son frère quitter le palais en tenue de bhramane avec son épouse et son second frère Laksmana. Quelques moments après, le roi meurt de chagrin.

La vie en hermite dans la forêt est bien difficile pour la jeune épouse Sita. Pour la satisfaire, Rama part chasser une biche en or. Entendant un cri de détresse, Laksmana (ce prononce Laxman) qui assurait la sécurité de sa belle-soeur est obligé par elle de quitter l’hermitage. Il retrouve Rama qui est surpris de le voir: la biche était une illusion, le cri également. Trop tard, Sita est enlevée par un terrible démon, Ravana.

S’ensuit une quête pénible et longue pour délivrer la jeune femme…

Un film incontournable

Ce film nous plonge aux sources mêmes de la culture indienne… et de la notre puisque pour les spécialistes, il semblerait que le Ramayana, soit la source de bien des contes que nous connaissons en France (Rama, par exemple qui signifie « charmant » est probablement le prototype de nos contes). C’est un grand moment auquel tous fans d’animation ne peut déroger. C’est aussi un bon moyen pour tous de découvrir une culture fascinante. Les décors sont absoluments splendides et l’animation est de très bonne facture. Le seul bémol serait l’âge du film et le design des personnages qui n’est pas sans rappeler celui des cités d’or.

En somme, un très bon film et je ne manquerais pas d’en faire un article complet pour Kamiloka 3 !
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Sources
Arrow http://www.hinduism-today.com/archives/1993/04/1993-04-09.shtml
Arrow http://www.fantastikasia.net/article.php3?id_article=748&id_rubrique=9#
Arrow http://www.princeoflightmovie.com/