Août 182011
 
Année de production : 2007
Studio : Production IG
Réalisateur : Kenji Kamiyana

Voilà un bon moment que nous devions vous présenter ce titre. Mais faute de temps, vous n’avez rien vu venir. Pourtant, Serei no Moribito est l’une de ses série qui trônent au firmament de l’animation de ces dernières années. C’est une série animée, certes, mais une série qui s’apprécie comme un grand film d’animation réalisée par un maître. Que ce soit dans sa réalisation, dans son scénario dans sa mise en scène, tout concourt à vous estomaquer dans votre fauteuil. Même les musiques, signées Kenji Kawai ne sont pas en reste ! La messe est dite.

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Est-il besoin de vous parler de l’intrigue pour vous donner envie de tenter l’aventure avec Balsa, l’héroïne de cette série ? Je ne le pense pas, mais puisqu’on y est, allons y. Balsa est un personnage qui possède déjà un lourd vécu. Les événements de la vie, ont obligé notre experte en art martiaux à prendre la vie de 8 personnes. Pour se racheter, Balsa à entrepris d’en sauver autant. Parcourant le pays, Balsa croise un convoi impérial. C’est alors qu’un incident se produit, la vie du très jeune prince Chagum est en jeu. Sans hésiter, elle le sauve, non sans remarquer que le jeune prince semble lié à une force mystérieuse…

Les vies de nos deux protagonistes vont se retrouver liées pendant ces 26 épisodes,  Balsa ayant fait le serment de protéger Chagum des dangers qui le menacent. Le déroulement de la série va plonger les spectateurs dans un univers passionnant qui dévoilera une riche intrigue, savamment orchestrée. En plus, d’une enquête qu’il faudra conclure pour résoudre les causes de cet acharnement, une quête ésotérique parallèle se dénouera offrant toute la richesse de l’imaginaire médiéval japonais.

Serei no Moribito est avant tout une aventure humaine qui touchera par la profondeur et le réalisme des sentiments qui y sont exposés. Le caractère des personnages est réellement saisissant et rien ne rompt l’ambiance envoutante de cette série. Ici, pas de facilité scénaristique, ni de cliché calibré pour le grand public. C’est avec plaisir qu’on ne verra pas de bouncing boobies ou autre humour régressif, voire, dégradant qui sont aujourd’hui hélas légion dans la quasi totalité des productions sortant de l’archipel. Serei no moribito est un must dans le bon goût ce qui ne fait qu’étayer la crédibilité de l’ensemble de l’œuvre.

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En plus de tout ces ingrédients millésimes, Serei va véritablement vous transporter dans un autre monde. Le spectateur occidental sera piqué au vif par les détails historiques confinant ici à l’archéologie. Costumes, mœurs, artisanats… agrémentent à merveille ce titre qui est de plus servi par des décors grandioses. De grands panoramas sur les rizières, la montagnes ou la belle campagne japonaise ne pourront que vous faire rêver.
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Pour qui veut pour la première fois entrer dans le monde de la japanim, c’est avec Serei no Moribito que je conseille de le faire. Voilà enfin une série qui ne montrera que le meilleur de ce que le Japon peut produire. Pour ceux qui connaissent déjà cet univers, vous l’aurez compris, vous ne pouvez pas manquer cette série qui vous marquera dans votre chair.

Juil 142011
 
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Sortie : avril 2002

Je vais donc vous parler de ce film là.

La toile a-t-elle besoin d’une énième critique passionnée sur ce film d’animation grandiose ? Non, je crois pas. Par contre, s’il est impossible de créer un consensus dans le public, comme ce fut le cas pour la presse qui a élevé le titre aux cimes les plus hautes (ce qui est certainement exagéré), il est par contre envisageable de tenter de comprendre certains braquages des mentalités.

Convenons avant tout que jamais la création humaine n’a pu prouver que la perfection était à notre portée. Homère a aussi ses détracteurs. Il n’y a donc aucun crime de lèse majesté à trouver des défauts dans ce film d’animation. De plus, nous avons chacun nos propres conceptions et nos propres attentes sur ce qui nous est donné à lire, voir ou entendre. Partant de là, on peut ne pas accrocher au film. Mais ne pas en démordre sur la niaiserie du titre, le farfelu du scénario et l’abracadabrance de l’univers sont, soit des résurgences d’une mauvaise foi ou pire encore, l’expression d’un esprit hermétique à la culture non-occidentale, soit ici celle de l’Asie.

Cette scène montre toute les limites de l'animation 3d de l'époque.

Des défauts, donc, le film en a. D’abord c’est le premier Ghibli fait avec l’ordinateur et il est frappant que les limites techniques n’ont pas permis d’atteindre la profondeur et la beauté des dessins (surtout des décors) du très merveilleux Princesse Mononoke. Les couleurs sont moins travaillées, les textures sont plus lisses, le tout manque d’aspérités, manque aussi de ces détails qui font vrai.  Ensuite, si l’on connait l’oeuvre de Miyazaki, on a peu d’effets de surprise sur le déroulement du film qui apparaît très vite comme une compilation ou un florilège de l’esprit du maître. C’est l’histoire d’une petite fille qui va traverser des épreuves dans un monde fantastique. Mais c’est dans l’originalité du traitement que Miyazaki a su offrir aux spectateurs de nouvelles sources de dépaysement. Une petite idylle, bien trop facile, sera également à la clef servie dans un écrin de louange à la nature, là encore attendu et peut-être trop moralisateur. Ces défauts suffisent-ils pour alimenter encore les diatribes à l’encontre de ce film ? Non, car ce ne sont même pas là que sont faits les reproches envers le Voyage de Chihiro. Au final, les critiques faites à ce films sont celles faites à l’esprit Miyazaki lui-même.

Miyazaki, est comme vous et moi, il n’est pas intouchable. Cela est certain. Mais n’avons-nous pas le droit d’essayer de comprendre les raisons de ce blocage ? Ne cachent-elles pas autre chose ? Voilà donc le cœur de notre propos.

Le travail préparatoire sur la gestuelle des personnages n'a rien à voir avec les gesticulations dansantes des Américains.

Ce qui revient le plus souvent est que l’histoire est confuse, voire incompréhensible. Sur cela, un seul facteur peut l’expliquer : l’excès de films à l’américaine ou de ces romans modernes où le nom d’auteur est écrit sur toute la jaquette. Ces pompeuses œuvres, clef en mains, avec un scénario se déroulant de A jusqu’à Z sans jamais intégrer d’autres idées complémentaires au scénario principal. L’esprit est habitué à une histoire qui se comprend d’elle même et qui semble suivre un gros câble bien tendu, comme si l’histoire ne pouvait être qu’un téléphérique suivant son petit train-train sans accrocs. L’Asie a une autre vision de la narration. Si en France, ce genre de subtilités est réservé à un public trié, en Orient, c’est un lieu commun. Faut-il pour autant devenir oriental pour suivre Le Voyage de Chihiro sans trop de difficultés ? Non, bien sûr que non, les nombreux soutiens dont jouit cette œuvre le prouvent. Il faut simplement ouvrir son esprit et ne pas envisager ce que l’on va accueillir avec un bagage fait d’aprioris hollywoodiens. Penser que les enfants seront largués est encore une erreur, l’intelligence de ces derniers recèle bien des surprises et pourrait bien nous étonner.

Dans un monde poétique de tels créatures répugnantes n'ont pas droit de cité !

Ensuite, ce qui est le plus décrié est le monde dans lequel évolue notre héroïne. Ce monde auquel nos réticents refusent de concéder les attributs de poétique ou de féérique. Jugeons plutôt : des monstres baveux, des sans-visage informes, des esprits grotesques, tout cela ne peut, pour ces acariâtres, être poétique ou enchanteur. Ne va-t-on pas, là encore au delà de la simple expression du goût individuel ? N’est ce pas, là encore, la conséquence d’une pensée pétrie de préjugés ? Que Dante soit retiré de nos bibliothèques : avec sa description des enfers sordide et répugnante, on ne peut plus accepter de le ranger dans les étagères de poésie. Et Ovide, avec ses étripages très romains, doit le suivre sans plus attendre. Que faire encore de l’affreux Héphaïstos ? De Polyphème, le cyclope rencontré par Ulysse et encore des effrayantes Charybde et Scylla ? Le prince des poètes depuis les pudiques sirènes de Disney vêtues de coquillages colorés devrait-il revoir sa copie ? La poésie doit être propre et douillette. L’argument d’une anti-poésie est donc simplement le fruit d’un manque flagrant de culture classique, d’un manque d’ouverture d’esprit. La faute à qui ?  A la servilité de nos boudeurs qui acceptent trop facilement le modèle normalisant d’une culture de masse moderne, culture qui n’a de cesse de polir les angles des accrocs de l’art. C’est cette même culture qui assainit  nos vieux contes et les rend politiquement corrects. Qui fait triompher les gentils, qui chasse le couteau trancheur d’orteils de la main des belles-sœurs de Cendrillon et lui offre les secours de « marraine la bonne fée », qui ressuscite le petit chaperon rouge, qui chasse les moches, les fous… Les ciseaux d’Houdar de la Motte ont encore de beaux jours devant eux.

Le bien, le mal, tout cela c'est un peu flou. Et si la limite n'était pas si tranchée ?

Ces deux premiers reproches faits à l’histoire du Voyage de Chihiro, se résument à ce que l’œuvre fasse japonaise. Ces esprits acrimonieux ne veulent pas comprendre une autre culture. Il est plus caressant de rester dans des bornes connues. Ici dans Chihiro, comme dans Mononoke, on voyage en plein dans la culture animiste du Japon traditionnel avec un code de pensée basé sur le respects des forces qui nous entourent. En soit, est-il difficile de comprendre que l’esprit d’une rivière peut apparaitre sous la forme d’un dragon capable de prendre l’apparence d’un jeune homme ? Bien sûr que non, mais il faut le vouloir.

Chez Miyazaki, la limite entre le bien et le mal n’est pas clairement définie, ce qui déroute nos esprits conformistes. Les monstres dans Chihiro, n’ont pas une nature méchante et ne sont donc pas condamnés à la fin de l’histoire. Voilà de quoi rebuter les esprits ronchonneurs, avides d’histoires avec un méchant terrorisant qui devra être affronté et battu à la fin. Dans le Voyage de Chihiro, la petite fille va devoir convaincre un monde étranger, et par la force de son caractère, ces êtres hostiles vont devenir ses meilleurs alliés. Le dialogue et la force de persuasion sortent ici grandis. Il ne faut pas s’attendre à des coups d’éclats avec des grandes culbutes à l’américaine. La baguette de Harry Potter ne résoudrait rien et aurait même condamné notre sorcier. Ce monde de fantômes qui effrayait la petite fille au début de l’histoire va lui devenir familier et elle va se montrer très adaptable à cet univers des plus bizarres. C’est peut être ce qui refroidit nos amis revêches : comment peut-on accepter cet univers et ne pas vouloir le démolir comme on éradiquerait le nid d’un rongeur nuisible ?

Indécent ! Ici c'est Chihiro, la petite fille qui tente d'éduquer ses parents !

Dernier reproche « type » et non des moindres, concerne le rôle sacré des parents ici bafoué par le machiavélique Miyazaki. Comment peut-on voir les parents comme des êtres coupables d’erreurs que leur propre fille devra corriger ? C’est bien connu, les parents sont infaillibles. Pour nos rabat-joie, il est intolérable qu’on puisse laisser entendre aux enfants que les parents puissent commettre des impairs qui mettent en danger et leurs vies et celle de leur enfant. Et de surcroit, par leurs égarements, ils imposent à la pauvre enfant des travaux comparables à ceux d’Hercule se rendant aux écurie d’Augias. Miyazaki est l’un des premier à remettre en cause le statut parental si idéalisé dans les productions modernes. Et il le fait pourtant avec intelligence. Comment ne pas comprendre que ce monde enchanté ne peut être découvert que par un être innocent ? Que si les parents tombent dans le piège et se transforment en cochons, c’est également pour critiquer la servilité à l’argent ? Il n’y a personne pour les gronder quant ils se servent dans ces bons plats sans invitation. Grâce à l’argent, ils ne craignent pas la réprimande. Chihiro, elle, doit savoir ce que c’est que de se faire gronder. La retenue lui est donc plus naturelle. Son innocence lui fait pré-sentir un tabou : c’est son lien avec le monde des esprits. Ce dernier préjugé sur la place respectable du père et de la mère comme garant de la sureté de la famille, ce rôle sanctifié dévoile enfin ses faiblesses. Il est imperméable à la magie. D’où l’objet des premiers reproches si étudiés.

Ceci n'est pas le dessin réaliste d'un porc, mais une abomination.

Restent tous les autres avis qui partent du postulat qu’un film animé doit faire rire, que les expressions doivent être grimaçantes, que les gestes doivent être théâtraux voire dansants et que le spectateur doit être émue, qu’aucune réflexion n’est attendue, ou même qu’il faille une chanson spectacle qui va caractériser l’œuvre. Voilà toute une éducation picturale à refaire. Ces esprits revêches ont tellement l’habitude des formes embellies par des crayons trop bien taillés qui corrigent les excès de la nature, qui atténuent les coudes, estompent les genoux, qui suppriment les plis et les mouvements des tissus, ils sont si parfaitement éduqués  aux lumière tamisées que la moindre altération de cet  idéal est vue comme une laideur. S’exercer à l’anatomie, reproduire les éclats de la lumières, le bruissement des feuilles des arbres, le mouvement du vent, agiter les vêtements en accord avec la gestuelle du corps qui les porte, sont, pour ces yeux sclérosés, des disgrâces sans nom. Certes, les visages dessinés par Miyazaki ne sont pas les plus beaux qu’on ait vus, mais on ne peut pas dire le contraire de ceux dessinés par nos amis de chez Disney.  Ce n’est là qu’une question de point de vue et ce n’est pas ce seul argument qui va décider du sort de toute l’œuvre.  Bambi dont le corps ne ressemble à celui d’aucun animal connu est pourtant reconnu comme beau, idem pour le petit Simba dont les membres n’ont aucune structure, il est un lionceau mignon. Mais les sangliers de Mononoke, comme les cochons de Chihiro, bâtis avec une large croupe, dotés d’un corps charpentés et agrémentés d’un groin proéminent, sont affreux.

La petite Sen est bien expressive, pourtant certains feignent de ne pas le voir...

Pour ces personnes, le spectacle ne doit rien revendiquer, et s’il dénonce, il doit le faire en effleurant le sujet, en le rendant divertissant. Alors quand Miyazaki propose ici une œuvre qui vise en plus de faire évader le lecteur à lui offrir quelques réflexions pertinentes, c’en est trop pour les fielleux. Car, qu’un petit poisson clown veuille retrouver son père, c’est une pensée acceptable. Qu’un perroquet veuille retrouver le liberté des forêts du Brésil, aussi. Mais que la société consumériste soit critiquée dans ses fondements mêmes, c’est intolérable. Autant dire que les messages sur le question sur la nature humaine de Ghost in the shell ne sont même pas envisageables ! Peut-être que si tout cela était dit en chantant…

Alors pourra-t-on décrotter les indécrottables ? Peu probable. Car au final, ce n’est pas tant un problème entre deux mentalités asiatique et occidentale qui se pose, mais bien un conflit entre un art qui s’appuie sur un corpus traditionnel d’une part et une mentalité moderne d’autre part qui nie ses propres racines. Car tous ces éléments qu’égraine Miyazaki, ne sont pas en soit des nouveautés dans notre culture. Ce sont les fondements même de notre société auxquels l’œuvre de Miyazaki fait écho. Le druidisme, le culte à Bacchus était-il autre chose qu’une forme d’animisme ? L’Odyssée n’est-elle pas un voyage initiatique dans un monde peuplé de monstres ? L’art de nos musées faisait-il des compromis avec les lois de la nature ? Non, non et non. Mais la pensée juste et normalisante des anglo-américains a laissé des séquelles chez certains. Laissons maintenant à nos esprits étriqués le loisir de se les réapproprier à leur tour.

Juin 202010
 

ANNÉE : 2009
STUDIO : MADHOUSE PRODUCTION
AUTEURS : HOSODA MAMORU, OKUDERA SATOKO

SUMMER WARS

Plus qu’une demi semaine (en fait mardi) avant que ce film soit retiré des salles françaises. Dans la précipitation et surtout l’envie de passer un bon moment, Sev’ et moi avons sauté au Grand Rex (sympa comme ciné d’ailleurs, pas cher et convivial). Si le Canard Enchainé a été peu élogieux à son égard, la critique ciné quant à elle n’a pas tari d’éloges sur ce titre. Alors, quelle impression en avoir ?

Summer Wars s’ouvre sur l’univers d’un réseau social qui nous vante les mérites de sa convivialité, sa complexité et sa sécurité. Ce réseau virtuel donne dans le ton kawai du plus kitsch. Puis lorsqu’on arrive dans la réalité, on découvre deux lycéens lambda en train de bosser sur la maintenance de ce fameux réseau : OZ. Keiji sera notre héros, et bien sûr débarque notre jeune héroïne Natsuki qui l’invite pour un petit travail de quelques jours à la campagne. Notre héros va donc devoir se faire passer pour son petit ami auprès de la vieille grand mère qui fête ses 90 ans. Évidement il va foirer son coup en s’illustrant à la télé comme étant le hackeur ayant craqué la sécurité du réseau et par dessus le marché, a ouvert la boite de pandore. En effet, depuis OZ, vous avez accès à la vie réelle de ses membres, donc par ce biais vous avez accès aux réseaux électriques des membres travaillant dans ce secteur par exemple. Il s’en suit que sur terre, la vie devient de plus en plus infernale, les réseaux devenant tous incontrôlables (feux de signalisation, satellite etc.). Il va donc falloir tout remettre dans l’ordre, car une menace bien réelle pointe le bout de son nez…

Le réalisateur de « La traversée du Temps » revient ici avec une histoire somme toute banale et qui offre également des situations banales. On est même à deux pas du fan-service tant l’impression d’un condensé de séries japonaises va en s’accentuant dans la progression du film. Ni l’animation ni le dessin ne brille par leur qualité, certains dessins étant carrément moches (noter les jambes de l’héroïne qui changent de forme à chaque scène, le manque d’ombres et lumières etc.). Le dessin est plat au sens propre comme au figuré. Mais, il s’en ressort une impression d’ensemble de grande fraicheur. Les personnages, bien que bateau, sont mignons et attachants. Bien que catastrophique, l’histoire ne sombre à aucun moment dans le drame et la grandiloquence. Le ton est limpide, le rythme léger est très agréable. On se laisse porter par Summer Wars comme des vacanciers sur une croisière connaissant d’avance le programme des festivités.

Sans être du grand spectacle, Summer wars est un film tendre et frais qui se laisse facilement regarder, vous ne serez pas accroché à votre siège, certes, mais vous flânerez sans effort dans un monde enchanteur.

Avr 162009
 

Alors, qu’en dire ?

Tout d’abord, l’histoire qui est une refonte de la Petite Sirène, est sympa, si ce n’est des éléments de scénario qui ne servent absolument à rien, et qui sont en plus, ridicules, mais bon, comme ça ne se voit pas trop, ce n’est pas plus dérangeant que ça. C’est simple, et c’est mignon, je crois que pour une fois ça fait du bien, depuis Totoro et Kiki, Miyazaki s’était un peu enfermé dans le « film à message bien visible » comme si les leçons de Nausicaä et de Laputa n’avaient pas suffi (évidemment, y’a un message écolo -qu’est-ce que vous voulez, on ne se refait pas- mais asséné de façon moins pompeuse et moins lourde que dans Chihiro) et que du coup, il avait tendance à se répéter (oui, on a compris que la guerre et la pollution c’est mal).

Visuellement, c’est parfois limite moche (Ponyo mi-humaine mi poisson stade 2 ressemble à une vilaine poule), en tout cas, les décors sont clairement moins soignés que dans les autres Miyazaki, ça fait bizarre, il y a quelques belles scènes, mais on est très loin du niveau esthétique de Mononoke ou Chihiro. Il y a un côté « fait main » qui sonne presque faux tant il est marqué mais c’est joli quand même, c’est coloré, et certains décors demeurent vraiment sympa. L’animation n’est pas non plus au top. Techniquement parlant, on dirait presque pas un Miyazaki.

Le bon (et mauvais, vous comprendrez après) point, c’est que Joe Hisaishi a essayé de se renouveler lui aussi, au bout de 20 ans qu’il nous sort les mêmes thèmes musicaux, sauf que ça tombe parfois à l’eau, les vieux mécanismes ressortent, ou même on a une quasi reprise de Wagner à un moment (la Chevauchée des Walkyries, je crois), ce qui fait un poil désordre.

Le vrai point fort du film, c’est l’ôde à la mer et le côté dépaysant, c’est vraiment agréable, on a presque l’impression de sentir l’iode. C’est à ce niveau que la magie opère, principalement, l’idylle (de toute façon pas crédible) entre les deux petits m’a parue presque accessoire.

Mai 142006
 

Comment aborder un tel film ? Coup de génie pour les uns, foirage complet pour les autres, une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent. Perso, j’ai adoré, il figure même parmi mes films d’animation cultes. Néanmoins, on ne peut pas dire que le film soit très facilement envisageable…

Un état de la recherche

Première chose qui saute aux yeux quand on regarde le film : le point qu’a fait Oshii sur l’état de la création sur le thème du cyborg, du robot, ou, si vous préférez de l’androïde et même plutôt de l’andréide. Il est loin de se lancer naïvement comme ses prédécesseurs japonais en pensant « ça sera nouveau puisque c’est moi qui le fais » ; au contraire, ici, la citation est permanente, que ce soit à Villiers de l’Isle-Adam, par l’épigraphe, mais aussi par le nom de l’andréide défectueuse « Hadaly », directement empruntés à l’Eve future, mais aussi, par un jeu constant de rappel d’Hoffmann, des Lumières qui ont abordé le sujet… ce qui fait que le film peut apparître comme relativement hermétique, voire limite ésotérique… Si ce film n’exige pas une culture -voire une certaine érudition- littéraire solide, il vaut mieux avoir au moins lu L’Eve future pour bien saisir certains aspects du films, notamment l’aspect SteamPunk (genre qui mèle technologie et XIXe siècle, dont les représentants les plus illustres sont Nadia et le secret de l’eau bleue et SteamBOy- même si ce dernier est loin d’être au top) et ne pas se laisser dérouter par l’aspect constamment citationnel (euh… ça existe?) du film ; par là, Oshii nous rappelle aussi que Jules Verne n’a pas été le seul auteur de science fiction au XIXe siècle.

Qu’on se le dise : depuis Jin-Roh, Oshii fait des films littéraires (et du coup, c’est bibi qui est contente !!!) donc si guetter les petits détails et les références qui font sens, ça vous emmerde, passez votre chemin…. Wink

Une esthétique…. décadente.

Autre point du film qui peut dérouter : une esthétique particulièrement chargée, voire surchargée, qui rappelle un tantinet le mouvement décadent par son goût des « perles rares » accolées… Les décors sont saturés de détails et de lumières, si bien que parfois, on ne sait plus où donner des yeux, et l’observation de ces multiples joliesses occupe uen certaine part du film, qui offre une belle part à la Contemplation, à un sentiment esthétique assez fort. Ici, on regarde et l’on se satisfait de tous ces beaux éléments qui n’ont à priori rien à voir ensemble (un mélange de dcors futuristes à d’autres qui semblent venir du passé : des voitures comme on en voyait dans les années 30-40, des édifices qui rappellent les cathédrales gothiques…) toutes ces beautés diverses qui nous égarent quant à notre situation spacio-temporelle, on est nulle part et partout à la fois…. avec une arrière-sensation de collectionneur romantique et/ou décadent, qui amasse les objets de tous horizons pour les mettre dans une vitrine… et une observation étudiée d’esthète de toutes ces diversités qui (me) rappelle Huysmans.
Notons également que l’animation atteint des sommets jamais vus tellement elle est fluide, calquée sur le mouvement réel, autre caractéristique très marquante (et impressionnante) de GitS : Innocence.



Une réflexion.

Enfin, dernier aspect et pas des moindres chez Oshii : le film propose de multiples réflexions, ce qui peut laisser pas mal de spectateurs sur le carreau, car il faut être accroché pour ne rien rater et faire un choix, si on essaie de suivre toutes les pistes, on se retrouve plus ou moins largué (eh oui, on n’a pas le cerveau boosté de Togusa ou Batou….). La réflexion du premier opus fait presque office de balbutiement à côté de celui-ci. Si le premier posait le problème de l’humanité d’un être virtuel et/ ou mécanique, celui-ci pose entre autres la question « mais qu’est-ce que l’humanité déjà ? » et s’attèle à montrer les divers aspects sous lesquels on peut définir l’humain et les diverses perspectives qui s’offre : l’homme-machine (après la machine-homme), l’homme simulacre, phantasme (au sens platonicien ?) ? sont des leitmotiv qui rythment le film…

En bref, Gits Innocence est un film magnifique, et un film particulièrement riche, qui peut s’envisager sous de multiples points de vue : point de vue d’esthète, point de vue philosophique, point de vue littéraire, point de vue technique, et aussi point de vue artistique. Ce film est une oeuvre d’art qui vous demandera de nombreux visionnages -qui ne vous lasseront pas, je vous le garantis- pour en saisir toutes les subtilités ; si saisir toutes les subtilités de ce film est possible…

Je ferai des captures du film, parce que les images que j’ai mises ne rendent en aucun cas la beauté du film….

Déc 032005
 
Directeur : Yugo Sako
Producteur : Shringar Films and Exccel Home Videos
Année : 2000

C’est un comble qu’en France ce chef d’oeuvre de l’animation japonaise et indienne ne soit pas connu! Et ne tentez pas non plus de trouver des infos sur cette formidable adaptation dans nos revues spécialisées. Car en dehors de Disney et de Miyazaki, on ne connait rien. On pourra s’étonner pourquoi on glose avec fierté sur l’insupportable Kirikou qui a seulement comme arguments quelques idées préconcues de colons, et on préfère se taire sur cette formidable production.

Jugez plutôt: un budget de 6 millions de dollars pour une collaboration de 350 artistes indiens et japonnais pour une durée totale de 2h30! 8 années de travail ont été nécéssaires pour faire aboutir ce projet gigantesque. Primé par le Santa Clarita International Film Festival en 2000, anssi qu’au Lucca Animation Film Festival en Italie, et applaudi au Toronto Film Festival etc. Ce film dirigé par Yugo Sako est loin d’être passé inaperçu dans le monde anglosaxon. Même les américains l’ont adapté afin de le réduire à 1h30 et de faire chanter de la pop à Hanuman… Ce film qui date des années 93, commence donc à percer depuis 2000.

Ramayana, quesa quo?

Il ne s’agit n’y plus ni moins de l’adaptation de la célèbre épopée indienne de Valmiki. Et c’est en tant que passionné que je suis tombé sur ce trésor ! Car en 2h30, résumer une épopée de 24 000 slokas (84 000 vers ! ) est un véritable défi ! Mais la fidélité est au rendez-vous! N’en déplaise aux américains qui auraient préféré que Rama et Sita partent en lune de miel plutôt qu’en exil…

Rama, fils du Roi Dasaratha, souverain du royaume de Kosala dont Ayodhya est la capitale va avec son frère rendre visite au roi Janaka qui propose sa fille en épouse à qui parviendra à bander l’arc de Shiva. Plusieurs hommes de haute naissance se succèdent sans parvenir à seulement le soulever. Janaka désespère de trouver un homme de qualité pour sa fille. Vient le tour de Rama, qui empoigne l’arc et, devant la stupéfaction du publique, parvient à le redresser, et le bande tant qu’il le brise en deux dans un fracas terrible. La Belle Sita est conquise.

On célèbre en grandes pompes le mariage et tous se réjouissent, le roi son père veut lui céder son trône ce qui réjouit le peuple. Cependant, la troisième femme du monarque, Kaikeyi, manipulée par sa suivante, Manthara, réclame à son époux un vœu. Celui-ci, se sachant redevable et étant prêt à tout pour satisfaire sa femme, lui accorde d’avance tout ce qu’elle désire. Kaikeyi réclame que Rama, fils ainé du roi n’obtienne pas le trône et soit exilé durant 14 années. Et cela au bénéfice de Bharata, le fils de Kaikeyi.

Tenu par son engagement, Rama doit s’exiler au grand dam de sa famille et de son peuple. C’est avec beaucoup de remords que Bharata accepte le trône et qu’il voit son frère quitter le palais en tenue de bhramane avec son épouse et son second frère Laksmana. Quelques moments après, le roi meurt de chagrin.

La vie en hermite dans la forêt est bien difficile pour la jeune épouse Sita. Pour la satisfaire, Rama part chasser une biche en or. Entendant un cri de détresse, Laksmana (ce prononce Laxman) qui assurait la sécurité de sa belle-soeur est obligé par elle de quitter l’hermitage. Il retrouve Rama qui est surpris de le voir: la biche était une illusion, le cri également. Trop tard, Sita est enlevée par un terrible démon, Ravana.

S’ensuit une quête pénible et longue pour délivrer la jeune femme…

Un film incontournable

Ce film nous plonge aux sources mêmes de la culture indienne… et de la notre puisque pour les spécialistes, il semblerait que le Ramayana, soit la source de bien des contes que nous connaissons en France (Rama, par exemple qui signifie « charmant » est probablement le prototype de nos contes). C’est un grand moment auquel tous fans d’animation ne peut déroger. C’est aussi un bon moyen pour tous de découvrir une culture fascinante. Les décors sont absoluments splendides et l’animation est de très bonne facture. Le seul bémol serait l’âge du film et le design des personnages qui n’est pas sans rappeler celui des cités d’or.

En somme, un très bon film et je ne manquerais pas d’en faire un article complet pour Kamiloka 3 !
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Sources
Arrow http://www.hinduism-today.com/archives/1993/04/1993-04-09.shtml
Arrow http://www.fantastikasia.net/article.php3?id_article=748&id_rubrique=9#
Arrow http://www.princeoflightmovie.com/

Nov 022005
 

Elfen Lied est une sympathique série, tiré du manga de Okamoto Lynn qui ne vous laissera surement pas de glace. Non qu’il s’agisse là d’un véritable chez d’oeuvre, ce DA est tout à fait agréable et surtout savamment mis en scène. Le scénario n’est pas extraordinaire, mais l’intrigue est mise en lumière par des flash back dûs aux amnésies des protagonistes, méthode classique mais toujours efficace! Cool Un manga qui renouvelle le genre comme Full Metal Alchemist.



Une histoire à rebondissements

Kouta, le personnage principal de l’histoire, retrouve son amie d’enfance, Yuka. En se promenant sur la plage, il font la rencontre d’une jeune fille en tenue d’eve qui semble perdue. Nos deux heros, décident de la recueillir; puisqu’elle semble avoir perdu la mémoire… Ils ne doutent pas que cette fille qu’ils denomment Nyu (c’est la seule chose qu’elle est capable de dire), est en fait, un être humain hybride, sorte d’arme vivante qui s’est échappé du complexe où elle était retenue. S’ensuivra une histoire à la fois humaine et mouvementée. Au fur et à mesure des épisodes, les blancs sont expliqués et de nouveaux personnages ornés de cornes font également leur apparition.

Cette série de 13 épisodes reste passionnante, malgré certaines facilités scénaristiques. On aura également du mal à s’habituer aux nouveaux visages qui apparaissent et qui ont tous les mêmes traits ! Un bon point pour le magnifique générique largement inspiré de Klimt. On évitera également de montrer cette série aux moins de 16 ans, non que Elfen Lied soit une série érotique, mais la nudité des personnages ainsi que la violence de nombreuse scènes (tout un chacun finit en mille morceaux !) pourraient heurter certaines sensibilités.

A voir!