Warning: Declaration of Suffusion_MM_Walker::start_el(&$output, $item, $depth, $args) should be compatible with Walker_Nav_Menu::start_el(&$output, $item, $depth = 0, $args = Array, $id = 0) in /home/kamiloka/kamipress.kamiloka.com/wp-content/themes/suffusion/library/suffusion-walkers.php on line 0
Juil 262013
 

Surfant sur la vague du manga, après Nomad et HK, Sillage (scénarisée et dessinée par Morvan et Buchet)  apparaît à la fin des années 90 (en 1998), à la glorieuse époque du polygone, de l’ersatz de Dragon Ball hong-kongais (il faudra que je fasse un article sur Cyber Weapon Z), de l’ersatz de Dragon Ball et de l’ersatz du manga tout court.

10 volumes et 10 ans après le début de cette nouvelle saga de science-fiction, Morvan et Buchet rendent hommage à la mère-patrie du mangasse qui les a tant inspirés : le Japon.

Nävis prend une posture de samuraï.Le Japon : un sabre et un arbre tordu. Et du rouge aussi, quand même. A noter les fringues et les godasses qui témoignent de l’extrême documentation de l’artiss’ !

Qui a dit représentation clichée ?

Notre agent spéciale Nävis se retrouve donc missionnée par un avocat, qui a maille à partir avec les autorités de Sillage dans un endroit qui ressemble furieusement au Japon sur un background d’exploitation minière qui va vite être oublié en fait. A savoir une planète qui sort d’un régime féodal pour un empire, très renfermée sur elle-même, assez xénophobe, avec des bonshommes avec des katanas, des bonnes femmes en kimono et des sages guerriers aussi, un peu, histoire de caser un maximum de clichés. Je ne suis pas sûre d’en avoir fait le tour. Bon, je ne vais pas m’appesantir sur les clichés et la pseudo-histoire de minerai, vu que la BD est plutôt basée sur d’autres aspects.

Il va s’agir de l’évolution intérieure de Nävis : comment d’une simili-Gally matinée d’une Lara Croft, on devrait arriver à un adulte responsable (sachant que la donzelle est à peu près aussi stable qu’une casserole de lait sur le feu). Donc épisode observation/ contemplation/ introspection.

Premier épisode : Nävis se fait mettre la misère par Papy-Warrior, qui va la prendre sous son aile par la suite, en lui faisant qu’elle parlait trop, c’était bien une femme!

Deuxième épisode : notre héroïne découvre la vie de Lafâme : ikebana, cérémonie du thé, estampe, bref, tout ce qui doit caractériser Lafâme : l’agrément. Tout en lui expliquant qu’il ne s’agissait pas de soumission que de faire les larbins, parce qu’après la confidence sur l’oreiller, c’était bien Lafâme qui avait le pouvoir : elle pouvait toujours glisser à Lhômme quelle politique adopter ! Non mais ! (oui, en chacune des femmes sommeille une Pompadour et une Du Barry, peut-être même une Miantenon! en tout cas, on se demande bien le besoin d’un tel exotisme de référence, quand on a les mêmes à la maison, Léon). Il n’y a pas d’égalité hommes-femmes, il n’y a que la complémentarité, lui dit-on. Pardon ? c’est pour faire yin-yang, tout ça? ça commence à piquer un peu, je dois dire. Je n’ai même pas envie de m’attarder sur l’hétéronormativité de tels propos, parce que le bougre n’a pas même pas l’air de considérer de l’ordre du possible un coupe homosexuel. Nävis commence à comprendre l’étendue de son erreur. Le mansplaining est en marche.

Troisième épisode : la future-Lafâme comme il faut, à savoir Nävis, fait de l’introspection. Et là, ça fait mal. Très mal. Les femmes japonaises « Serviles, oui. Mais en surface ». Moui, mais euh, c’était pas ce contre quoi tu avais lutté dans le volume 6, ma chère Nävis, en disant que non, on avait pas une occupation selon son genre, qu’on pouvait se battre en étant une femme et broder en étant un homme? Non ? ah bon, pardon, j’avais cru.

Et là, je vais citer :

« En fait il m’ouvrait les yeux. Les longues marches pénibles. La confrontation avec les femmes Thuan…

Mais surtout le fait qu’il ne me reconnaisse ni femme, ni guerrier… J’ai fini par réaliser que je n’assumais aucune de ces deux fonctions. »

Ah, femme c’est une fonction ? Merde alors ! j’ai toujours cru que c’était un état, ou une nature, vu que c’est difficile de changer. Donc c’est une fonction ? Mais que recouvre la fonction femme au fait ? J’aimerais bien le savoir. Si on pouvait mecspliquer ça un peu, j’avoue que j’apprécierais. Histoire de me coucher moins bête (je suis une Lafâme, il faut m’expliquer les choses).

« Je ne suis femme que dans l’excès ou la futilité »

C’est un début de réponse. Mais curieusement, en lisant ça, mes ongles se sont enfoncés dans la BD, je ne sais pas pourquoi, question d’excès, sûrement.

Je fais l’impasse sur la suite du discours de Nävis qui est une arme, gnagnagna, que Gally a tenu avant elle X fois, et je vais me concentrer sur cette phrase.

Déjà, je ne vois pas comment quelqu’un qui est le seul représentant de son espèce (ou presque, les shootés façon La Plage ont vite été évacués) pourrait avoir une réflexion genro-normée type les hommes sont comme ci, comme ça et les femmes comme ci, comme ça et surtout pas autrement. Il est vraiment établi que le gène du ménage est un gène typiquement féminin et le gène de connaître sous le capot de la bagnole un gène typiquement masculin, c’est bien connu, c’est aussi bien établi que la phrénologie, et seuls les benêts et les simples d’esprit (sûrement des femmes) contesteraient cette vérité aujourd’hui. Et il en est de même sur tout l’univers : que les femelles fassent la vaisselle pendant que les mâles réparent les vaisseaux et les supernova s’en trouveront circonscrites. Par contre, il a visiblement échappé à Morvan, et à Buchet (parce que pour dessiner sur un scénar il faut l’avoir lu, quand même) que sur Terre, il  a existé et existe des sociétés matriarcales, donc qui échappent à l’ordre cosmique, ce qui doit en effet expliquer le réchauffement climatique, l’augmentation des impôts et la perte du dernier triple A français.

Donc femme = excès et futilité. Cool. Je pense que toutes les femmes seront heureuses de l’apprendre. Après tout, après les décors façon estampe on pouvait bien s’attendre à un cliché aussi moisi.

Par contre, je me demande ce qui s’est passé entre Artifices et Monde Flottant ? Un divorce, peut-être?

Et je me demande aussi si j’ai vraiment envie de lire la suite. Jusque là, c’était une série que j’appréciais, mais, sûrement d’apprendre que je suis futile et excessive, ça m’a refroidie, jusque là j’avais vécu dans une bienheureuse ignorance…